Ban : de la Syrie au Mali, en passant par la Corée du Nord, la solution politique est la seule garante d'une stabilité de long terme

Le Secrétaire général Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse. Photo ONU/JC McIlwaine

17 avril 2013 – Les cas de la Syrie et du Mali confirment que seule une solution politique est de nature à garantir la stabilité de long terme dans la plupart des pays en crise, a affirmé le Secrétaire général Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé de nombreuses situations à travers le monde.

« La tragédie en Syrie empire de jour en jour. La dynamique militaire détruit le pays et met en péril toute la région », a-t-il observé, exigeant la protection des civils, alors que plus de 70.000 d'entre eux ont déjà trouvé la mort dans le conflit qui a éclaté en mars 2011 et a déplacés plus de trois millions de personnes.

« Même si les chances paraissent faibles, je suis toujours convaincu qu'une solution politique est possible », a-t-il dit. « C'est la seule façon de mettre un terme à ce bain de sang et d'aboutir à une Syrie nouvelle et démocratique. Les Nations Unies continueront de pousser dans cette direction », a dit le Secrétaire général, avant d'annoncer qu'il allait rencontrer, dans l'après-midi, le Représentant conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, M. Lakhdar Brahimi, afin d'examiner différentes options.

M. Ban a de nouveau appelé le gouvernement syrien à faire preuve de souplesse en acceptant les modalités prévues pour le déploiement d'une mission d'experts chargée d'enquêter sur les allégations de recours aux armes chimiques dans le cadre du conflit. Le 20 mars dernier, les autorités syriennes elles-mêmes avaient demandé « une mission spécialisée, impartiale et indépendante » afin de vérifier les allégations concernant l'emploi de telles armes à Alep.

L'équipe, stationnée à Chypre depuis une semaine, se rendra en Syrie dès que le gouvernement aura accepté les modalités de déploiement de la mission qui est également chargée d'enquêter sur un autre incident qui se serait produit à Homs, en décembre dernier, à la demande de la France et du Royaume-Uni. « J'ai exhorté le gouvernement syrien à faire preuve de souplesse en acceptant les modalités proposées », a précisé M. Ban.

Sur la question du Mali, le Secrétaire général a constaté que la sécurité s'était beaucoup améliorée grâce aux « mesures prises à temps » par les forces militaires françaises et africaines pour chasser hors du pays les islamistes radicaux et autres rebelles armés qui avaient pris le contrôle du nord de son territoire.

« Il reste cependant encore beaucoup à faire pour restaurer l'ordre constitutionnel et l'intégrité territoriale au Mali. » Les opérations et la stabilisation militaires sont essentielles, a-t-il estimé, tout en soulignant que « l'accomplissement de progrès sur le plan politique constitue la clef de toute solution durable ».

Le Secrétaire général a ensuite exprimé sa préoccupation devant les incidents survenus en République centrafricaine, où le Président, François Bozizé, a été chassé du pouvoir par la coalition de la Séléka, le 24 mars dernier. Il a demandé aux autorités de fait de restaurer l'ordre dans tout le pays.

En République démocratique du Congo (RDC) voisine, le chef de l'ONU s'est félicité de la résolution importante adoptée par le Conseil de sécurité pour renforcer la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), notamment en créant une brigade d'intervention pour régler les problèmes posés par des groupes armés.

Évoquant ensuite le processus de paix au Moyen Orient, M. Ban a salué la récente visite du Président des États-Unis, Barack Obama, et du Secrétaire d'État, John Kerry, à Jérusalem et à Ramallah pour la solution à deux États qui verrait Israël et la Palestine coexister en paix et en sécurité le long de frontières communes. « Toutes les parties impliquées, y compris le Quatuor, doivent œuvrer en vue d'apporter un nouveau souffle au processus de paix, établir un environnement propice à la reprise des négociations et créer un horizon politique crédible pour la solution à deux États. »

Le Secrétaire général a par ailleurs constaté que la situation restait très instable dans la péninsule coréenne, où « la communauté internationale a répondu de manière ferme, mais mesurée, aux essais nucléaires, aux menaces et autres provocations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) », a-t-il relevé. « Les récents développements ont renforcé le consensus selon lequel on n'acceptera jamais que la RPDC soit un État nucléaire», a ajouté Ban Ki-moon.

« J'exhorte à nouveau les dirigeants de la RPDC à renverser le cours des évènements et à revenir à la table de négociation », a dit M. Ban, qui se confiant en la sincérité de la récente proposition de dialogue formulée par la République de Corée.

« En tant que Secrétaire général, je poursuivrai mes efforts pour faciliter un dialogue significatif », a-t-il souligné, avant d'encourager les autorités nord-coréennes à se concentrer sur le bien-être de la population du pays.


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