Le Conseil de sécurité réfléchit aux moyens de mettre fin aux viols dans les zones de conflit

La Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura. Photo:ONU/Rick Bajornas

17 avril 2013 – Lors d'un débat au Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé mercredi que le viol en temps de guerre ne brisait pas seulement des vies, mais aussi des familles et des communautés et posait des obstacles à la réconciliation et au développement durable.

Si la responsabilité de prévenir la violence sexuelle incombe principalement aux gouvernements, la communauté internationale doit, a assuré M. Ban, redoubler d'efforts collectifs pour éradiquer les causes profondes de ce fléau, qui touche en premier lieu filles et femmes, mais également les hommes et les garçons.

« Pour réussir, nous devons utiliser tous les outils à notre disposition : opérations de maintien de la paix et missions politiques, efforts de médiation et de protection des droits de l'homme et fourniture d'une assistance humanitaire », a énuméré M. Ban devant les quinze membres du Conseil.

« Cela englobe tous les artisans de la paix au lendemain des conflits et suppose le rétablissement de la primauté du droit, la promotion de l'égalité entre les sexes, le relèvement rapide et le développement à plus long terme », a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général a souligné le rôle important des opérations de maintien de la paix actuellement déployées au Soudan, au Soudan du Sud et en RDC qui, en coopération avec les équipes de pays des Nations Unies, s'efforcent de mettre en place des arrangements pour le suivi, l'analyse et l'information des données. « C'est une priorité qui, je l'espère, pourra être finalisée avant la fin de l'année », a-t-il dit.

De son côté, la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a présenté le rapport du Secrétaire général dont le Conseil de sécurité était aujourd'hui saisi, rapport qui couvre 22 zones de conflit, dont pour la première fois le Mali.

Le document met notamment en évidence le lien entre violence sexuelle et exploitation illégale des ressources, insiste sur les causes de tels crimes dans les déplacements de populations et met l'accent sur les mariages forcés, viols et esclavage sexuel imputables aux groupes armés. Par ailleurs, il dénonce l'utilisation de la violence sexuelle comme tactique d'intimidation dans le contexte des détentions ou des interrogatoires et insiste sur la nécessité de disposer d'informations quant au sort des enfants nés de femmes violées en temps de guerre.

« Le rapport met l'accent sur l'urgence de veiller à ce que les considérations en matière de violences sexuelles soient systématiquement prises en compte dans les processus et les accords de paix, ainsi que dans les réformes du secteur de la sécurité et les processus de démobilisation, désarmement et réintégration (DDR) auxquels les Nations Unies sont parties prenantes.

« Nous devons braquer les projecteurs sur ceux qui commentent ces crimes, mais aussi sur ses commanditaires ou ceux qui les tolèrent », a déclaré la Représentante spéciale, pour qui l'engagement du Conseil doit servir de déclaration d'intention sans équivoque : à savoir que la violence ne sera pas tolérée et que le droit international sera appliqué pour veiller à ce que de tels crimes ne restent pas impunis.

« Nous devons continuer à renforcer ce régime, notamment par un système efficace de respect de celui-ci », a-t-elle ajouté. « La violence sexuelle en temps de conflit a été utilisée à travers les âges précisément parce qu'elle est une arme peu coûteuse et dévastatrice, mais plus meurtrière que n'importe quelle bombe. Nous pouvons et devons inverser cette tendance et en faire un crime pour lequel le prix à payer est considérable », a estimé Mme Bangura.

Parmi les autres recommandations du Secrétaire général, figure l'idée d'un appel collectif à la lutte contre les violences sexuelles dans le cadre des efforts de paix.

« Prenons l'engagement, aujourd'hui, autour de cette table, que partout où la violence sexuelle est une préoccupation, il n'y aura plus d'accord de paix, de cessez-le-feu ou de mécanisme de vérification de cessez-le-feu dépourvus d'un consacré à la prévention de la violence sexuelle et à la réponse à y apporter », a exhorté Mme Bangura.

« Ceci inclut des accords qui devront éventuellement être conclus au Mali et en Syrie pour mettre fin à ces conflits », a-t-elle ajouté, avant d'annoncer son intention d'accepter les invitations des gouvernements de ces deux pays, ainsi que du Soudan du Sud, à se rendre dans ces trois pays aussi vite que possible.


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