En dépit des progrès accomplis, la Côte d'Ivoire continue de se heurter à des défis considérables

Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, au Conseil de sécurité. Photo ONU/Rick Bajornas

16 avril 2013 – En dépit des progrès considérables accomplis depuis la fin de la crise postélectorale il y a deux ans, la Côte d'Ivoire continue de se heurter à des difficultés réelles, comme la présence d'éléments armés, la criminalité transnationale organisée, le terrorisme, la piraterie ou encore un secteur de la sécurité insuffisamment réformé.

Telle est la principale conclusion du Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, venu présenter mardi devant le Conseil de sécurité le rapport du Secrétaire général Ban Ki-moon sur la situation dans cette nation troublée d'Afrique de l'Ouest, qui est entrée selon lui dans « une nouvelle phase de consolidation de la paix obtenue au prix d'efforts considérables ».

« Les avancées réalisées au cours de ces deux dernières années montrent que la Côte d'Ivoire peut retrouver le rôle historique qu'elle joue comme point d'ancrage de la stabilité et de la prospérité dans la sous-région », assure M. Ban. Pour y parvenir, relève-t-il, « le désarmement et la réintégration des ex-combattants des deux camps politiques […] demeurent essentiels », ajoute-t-il.

Dans son rapport, le Secrétaire général recommande de faire passer les effectifs de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) qui étaient, au 13 mars, de 9.552 éléments à 8.837 éléments, dont 8. 645 membres des contingents et officiers d'état-major et 192 observateurs militaires.

Il préconise également de renforcer les mécanismes de coopération entre l'ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) et l'état de la mise en œuvre de la stratégie en matière de protection des civils. Pour M. Mulet, « l'instabilité récente dans l'ouest du pays le long de la frontière avec le Libéria illustre la fragilité de la situation actuelle ».

« Bien qu'il existe toujours des défis considérables, la situation sécuritaire dans la zone frontalière a connu une amélioration sensible, grâce à une coopération fructueuse entre Abidjan et Monrovia, y compris pour le déploiement de leurs forces de sécurité respectives le long de la frontière », a-t-il précisé, en ajoutant que l'amélioration des relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et le Ghana avait également eu un « impact positif », en particulier le long de leur frontière commune.

M. Mulet a rappelé, par ailleurs, que les élections locales se tiendront le dimanche 21 avril. Les préparatifs sont en cours et l'ONUCI y fournit un appui limité, a-t-il dit. La campagne électorale, qui s'est ouverte le 6 avril, se déroule de manière « relativement pacifique », a-t-il précisé, en ajoutant que le parti présidentiel, le Rassemblement des Républicains (RDR), et celui de l'ancien Président Henri Konan Bédié, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), avaient appelé leurs candidats à respecter le Code de bonne conduite.

Dans son rapport, le Secrétaire général salue le « rôle directeur et l'engagement personnel du Président Ouattara », qui ont été d'une importance cruciale pour ce qui est de trouver des solutions efficaces aux problèmes de sécurité et d'accélérer le redressement économique, tout en progressant sur des questions sensibles qui sont indispensables pour instaurer la paix et la stabilité à long terme en Côte d'Ivoire.

« L'ouverture du Gouvernement vers l'opposition politique et sa participation à des discussions directes avec l'ancien parti au pouvoir sont encourageantes. J'exhorte les deux parties à intensifier les discussions en vue de jeter les bases de la réconciliation politique », écrit M. Ban.

« Il importe que tous les partis politiques occupent l'espace politique qui est le leur et qu'ils participent de façon constructive à la vie politique du pays, notamment en veillant à créer les conditions propices à la participation la plus large possible aux […] élections locales. »


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