Des responsables onusiens lancent un appel pressant à mettre fin à l'effusion de sang en Syrie

Photo: PAM/Abeer Etefa

15 avril 2013 – Dans un appel conjoint pour trouver de toute urgence une solution politique à la crise en Syrie, les chefs de cinq agences onusiennes ont demandé lundi aux dirigeants politiques d'honorer leurs responsabilités vis-à-vis du peuple syrien.

« Après les souffrances endurées par tant de familles et de communautés, la destruction d'innombrables écoles et hôpitaux et l'endommagement de réseaux d'eau salubre, il semblerait que la prise de conscience quant à l'urgence de la situation reste insuffisante parmi les gouvernements et tous ceux qui peuvent aider à mettre fin au carnage en Syrie », ont-ils déclaré.

Dans un éditorial publié dans le New York Times, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, et la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, affirment que les agences qu'ils dirigent travaillent bien au-delà de leurs moyens pour aider les personnes touchées par le conflit, mais que seule une solution politique au conflit pourrait permettre d'alléger les souffrances accrues de la population.

« Nous demandons qu'ils exercent leur influence collective pour trouver une solution politique à cette crise horrible avant que des centaines de milliers d'autres personnes ne perdent leurs logements et voient leurs perspectives d'avenir s'évanouir dans une région déjà au bord de l'explosion », ont-ils exhorté.

Plus de cinq millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de la Syrie par le conflit qui a éclaté il y a deux ans. Au cours des semaines écoulées, les agences onusiennes ont séparément les unes des autres prévenu que leurs ressources s'amenuisaient, expliquant qu'en l'absence de fonds additionnels, ils seraient forcés de revoir à la baisse leurs efforts. Plus d'un million de réfugiés se trouvent dans les pays voisins, où ils bénéficient également d'une aide de l'ONU.

« Nos agences et partenaires humanitaires ont fait tout leur possible », affirment les cosignataires de l'appel. Mais cela n'a pas été suffisant. Les besoins ne cessent de s'aggraver alors que notre capacité à y répondre diminue, en raison de l'insécurité et d'autres limitations pratiques, sans compter les contraintes budgétaires. Nous sommes dangereusement près, peut-être à peine à quelques semaines de suspendre une partie de notre aide humanitaire. »

« Notre appel aujourd'hui n'est pas en faveur de ressources supplémentaires, aussi nécessaires soient-elles. « A tous ceux qui sont impliqués dans ce conflit brutal et à tous les gouvernements qui peuvent exercer une influence sur ses parties prenantes: au nom de tous ceux qui ont souffert et au nom de tous ceux dont l'avenir est en jeu, assez ! Sauvez le peuple syrien et la région d'une catastrophe ! »


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