La prévention de conflits en Afrique exige de se pencher sur leurs causes profondes, prévient l'ONU

Le Conseil de sécurité des Nations Unies en séance publique. Photo: ONU/Rick Bajornas

15 avril 2013 – Le Conseil de sécurité a organisé lundi un débat sur la prévention des conflits en Afrique, qui a mis l'accent sur la nécessité absolue de se pencher sur leurs causes profondes, à savoir la pauvreté, la faim, les violations des droits de l'homme, la marginalisation et l'impunité, en particulier s'agissant des violences sexuelles.

« Les conflits éclatent là où sont constatés une faible gouvernance, des violations des droits de l'homme et des griefs liés à une répartition inégale des ressources, des soins de santé ou du pouvoir », a déclaré M. Ban aux 15 membres du Conseil, les assurant du plein soutien de l'ONU aux efforts des organisations régionales africaines pour prévenir les conflits.

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil a également souligné l'urgence des deux éléments, soulignant que le fait de s'attaquer aux causes profondes des conflits était déterminant pour garantir une paix durable et mettant l'accent sur l'importance du partenariat et de la coopération entre les organisations régionales et sous-régionales dans l'appui à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

La déclaration salue en outre le rôle crucial des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, au nombre de 14 dans le monde, avec près de 93.000 personnels en uniformes et 17.000 civils déployés.

M. Ban a souligné qu'il était capital de veiller à ce que les accords de paix ne soient pas seulement des pactes entre élites politiques, mais qu'ils incluent l'ensemble des parties prenantes. « Les tensions persistent là où les individus sont exclus, marginalisés, et là où leur participation utile n'est pas assurée dans la vie politique ou sociale », a ajouté le chef de l'ONU.

Notant que des élections se sont tenues dans 20 pays du continent cette année, le Secrétaire général a estimé que les élections relativement calmes qui se sont déroulées au Kenya étaient un exemple de la façon « dont les désaccords électoraux peuvent être traités dans le cadre d'un processus légal et sans recours à la violence. »

Mais il a aussi prévenu qu'une fois conclus, les accords de paix devaient être pleinement mis en œuvre, comme l'a clairement démontré le cas de la République centrafricaine, où la violation de l'Accord de Libreville par les parties a contribué à la reprise du conflit et au changement inconstitutionnel de gouvernement.

« Les défis sont particulièrement marqués lorsque les états sont fragiles et que des mouvements armés opèrent en toute impunité à travers des frontières poreuses, souvent avec le soutien d'États voisins », a poursuivi M. Ban, citant le Mali, où les organisations criminelles transnationales et les réseaux terroristes ont pu se développer, menacer la stabilité régionale et compromettre l'intégrité territoriale du pays.

« Que ce soit dans la corne de l'Afrique ou dans la région des Grands Lacs, le continent africain est toujours touché par des instabilités interdépendantes et qui se propagent d'un territoire à un autre », a noté le Secrétaire général. « Cette contagion a beaucoup de vecteurs, dont les flux d'armes, des déplacements massifs de populations, des rivalités régionales, ainsi que des relations de méfiance ». Dans ce contexte, il a mis l'accent sur le rôle déterminant de l'action régionale.

En République démocratique du Congo (RDC), a relevé M. Ban, les dirigeants nationaux et régionaux se sont réunis pour traiter des manifestations de la violence et des causes profondes des conflits, une approche appuyée par le Conseil de sécurité.

Dans tous les efforts déployés par les Nations Unies en Afrique, le Secrétaire général a souligné que l'Organisation tire avantage des organisations régionales « qui ont injecté une nouvelle vigueur », a-t-il dit. Il a, à titre d'exemple, cité la réaction rapide de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) dans la crise en République centrafricaine, la coopération de l'ONU de la Communauté économique des États de l'Afrique australe (SADC) en vue de renforcer l'architecture de prévention des conflits et leur partenariat de 10 ans avec l'Union africaine.

La déclaration du Conseil, lue par Louise Mushikiwabo, la Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Rwanda, qui préside le Conseil pour le mois d'avril, énumère l'ensemble des mesures de prévention des conflits, des systèmes d'alerte précoce à la diplomatie préventive, en passant par les efforts de médiation et le déploiement anticipé, le maintien et la consolidation de la paix.


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