La MINUSS demande au Soudan du Sud une protection renforcée pour les civils de l'état de Jonglei

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, Hilde Johnson. Photo: ONU/Isaac Billy

8 avril 2013 – La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud a exhorté lundi les autorités et les communautés de Jonglei à prendre toutes les mesures qui s'imposent pour empêcher les violences intercommunautaires et les attaques commises par des groupes armés qui alimentent un cycle de violences meurtrières.

« La déstabilisation de Jonglei doit cesser. J'exhorte les communautés Murle, Lou Nuer et Dinka, leurs dirigeants et les gouvernements de Jonglei et le Soudan du Sud à reprendre de bonne foi des initiatives de paix », a indiqué Hilde F. Johnson, qui dirige également la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Celle-ci a noté en particulier l'importance pour l'Armée populaire de libération du Soudan de respecter scrupuleusement les normes nationales et internationales humanitaires et des droits de l'homme pour protéger les civils.

« Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables et ont besoin de protection », a-t-elle déclaré.

Mme Johnson a également appelé les gens de toutes communautés de Jonglei à s'unir pour mettre fin au cycle de violences.

« Votre diversité est ce qui fait la force de votre pays, c'est ce qui fait du Soudan du Sud un pays formidable. Elle devrait aussi constituer le socle qui vous fait tenir debout, pas une force de division », a-t-elle poursuivi, alors que des informations font état de représailles par des groupes armés.

Le Soudan du Sud fait face à des défis sécuritaires considérables, en particulier dans l'état de Jonglei et dans ceux des Lacs, Warrap et Unity.

La semaine dernière, la mission a rendue publiques les conclusions de son enquête au sujet d'un incident, en date du 8 février dernier, au cours duquel au moins 85 gardiens de troupeaux, principalement des femmes et des enfants, ont été tués. Cette attaque est la plus meurtrière à ce jour depuis le début des violences intercommunautaires, qui ont éclaté il y a quelques mois.

Dans le cadre de son mandat de protection des civils, la Mission a accru sa présence militaire au sein de toutes les communautés de Jonglei, notamment à Bor, Pibor, Gumurul, Akobo et Yuai, déployant patrouilles et systèmes d'alerte rapide. En outre, des forces supplémentaires sont prêtes être déployées rapidement à Jonglei, au besoin.

« La Mission se penchera également sur les informations selon lesquelles des civils sont touchés par des hostilités ou des violations des droits de l'homme et appelle le gouvernement du Soudan du Sud à enquêter sur ces incidents et à faire traduire ses auteurs en justice », ajoute la MINUSS, qui exhorte toutes les parties à garantir sa liberté de mouvement.

S'adressant aujourd'hui aux journalistes, Mme Johnson a souligné que la MINUSS fait preuve de la plus grande impartialité avec toutes les communautés. « Les Nations Unies ont pour mandat de protéger tous les civils, d'où qu'ils viennent et quelle que soit leur identité ethnique. Nous ne faisons aucune différence », a-t-elle affirmé.

« Nous agirons avec impartialité au Soudan du Sud en toute circonstance. Tout autre approche serait une violation flagrante de notre mandat », a-t-elle insisté.


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