Un Forum de l'ONU s'ouvre à Istanbul par des appels à protéger les forêts de la surexploitation

8 avril 2013 – Le Forum des Nations Unies sur les forêts s'est ouvert lundi à Istanbul, en Turquie, par des appels à protéger une ressource vitale qui couvre près d'un tiers de la surface du globe et fournit d'inestimables bienfaits sur les plans social, économique et environnemental.

Près de 1,6 milliard de personnes – dont plus de 2.000 communautés autochtones – dépendent des forêts pour assurer leurs moyens de subsistance et plus de trois milliards y collectent le bois de cuisine et de chauffage. Les forêts fournissent également les trois-quarts de l'eau douce existante, contribuent à amoindrir l'impact des orages et des inondations et stockent le carbone dans l'atmosphère.

« Soyons clairs. Les défis pour maintenir ce précieux don de la nature et le gérer de manière responsable sont innombrables et considérables », a reconnu le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, Wu Hongbo, à l'ouverture de cette dixième session du Forum (FNUF10).

« En outre, les services fournis par les forêts sont tenus pour acquis, rarement appréciés à leur juste valeur et détournés par les marchés. Dès lors, les forêts continuent d'être surexploitées ou reconverties en terrains agricoles ou à d'autres fins en dehors de toute réglementation ou planification, avec des conséquences adverses à tous les niveaux », a-t-il expliqué. Il est prouvé, a-t-il ajouté, que de tels impacts s'étendent largement au-delà des frontières nationales.

« Pour relever ces défis de manière concrète, nous devons fournir des efforts concertés non seulement au niveau national, mais aussi aux niveaux régional et international. Le Forum des Nations Unies sur les forêts propose un cadre privilégié pour y parvenir. »

Attirant l'attention sur le travail à accomplir à Istanbul, le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, a affirmé que les résultats du Forum contribueraient à l'avènement d'un monde plus vivable pour tous, alors que la population mondiale a franchi la barre des sept milliards de personnes.

Si la croissance des zones industrielles, à l'origine de la pollution des mers et des océans, de l'assèchement des lacs et des cours d'eau, de l'appauvrissement des écosystèmes et de la disparition de la couverture forestière se poursuit à ce rythme, cela aura des effets préjudiciables sur le monde et ses habitants, a-t-il prévenu.

« Lorsque tous les arbres auront été coupés, quand tous les animaux auront été tués, quand toutes les eaux seront polluées et que l'air deviendra irrespirable, vous comprendrez que l'argent est quelque chose que vous ne pouvez pas manger », a ajouté M. Erdoğan, citant un vieil adage indien. « C'est la catastrophe à laquelle nous faisons face. » Aussi le chef de l'État turc a-t-il appelé le Forum à proposer une vision d'avenir et à prendre d'importantes mesures pour protéger les forêts du monde.

C'est en octobre 2000 que le Conseil économique et social (ECOSOC) a décidé de créer le FNUF pour promouvoir « … la gestion, la conservation et le développement durable de tous les pays de forêts et renforcer à cette fin l'engagement politique … ». En 2007, après d'intenses négociations, le FNUF a adopté l'« Instrument juridiquement non contraignant concernant tous les types de forêts ».

Cette dixième édition a pour objectif de mettre au point des actions en vue de réduire la déforestation, d'améliorer les moyens de subsistance des populations qui dépendent de ces forêts, d'accroître le nombre de celles qui peuvent être protégées et l'assistance aux pays en développement pour améliorer la gestion forestière.

« Le Forum », a déclaré le Président de l'ECOSOC, Néstor Osorio, « a un rôle central à jouer dans la manière dont le Conseil peut répondre au défi du développement durable : en élaborant une approche unifiée des aspects économique, social et environnemental de l'une des ressources naturelles les plus vitales qui soient ».

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que les produits forestiers représentent 468 milliards de chiffre d'affaires chaque année dans le monde. Des études présentées dans le cadre d'un Forum révèlent que la valeur économique, sociale et environnementale des forêts est largement sous-estimée.

Selon le Président du Forum, Mario Ruales Carranza, de l'Équateur, la communauté internationale a largement reconnu les fonctions sociale, culturelle et environnementale de premier plan des forêts, qui représentent 80% de la biodiversité terrestre.

« Ce qui est moins connu en revanche, mais tout aussi important, c'est que les exportations dans le secteur du bois sont estimées à 246 milliards de dollars rien qu'en 2011. Ce chiffre donne un aperçu de la valeur véritable des forêts […] », a-t-il déclaré aux participants au Forum. La session actuelle mettra donc aussi l'accent sur les pratiques optimales en matière de gestion durable des forêts.


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