Navi Pillay exhorte de nouveau les États-Unis à fermer Guantánamo

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

5 avril 2013 – La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté vendredi toutes les branches du gouvernement des États-Unis à œuvrer de concert à la fermeture du centre de détention de Guantánamo, soulignant que l'incarcération indéfinie constituait une violation claire du droit international.

« Je suis profondément déçu de constater que le gouvernement américain n'a pas été en mesure de fermer Guantánamo Bay, en dépit de son engagement répété à le faire », déclare-t-elle dans un communiqué de presse.

D'après le Haut Commissariat, la moitié environ des 166 détenus ont été jugés admissibles à rentrer dans leur pays d'origine ou à être réinstallés dans des pays tiers. Toutefois, ils se trouvent toujours sur l'île, tandis que d'autres seraient en détention pour une période indéterminée.

« Certains d'entre eux pourrissent dans ce centre depuis plus d'une décennie », déplore Mme Pillay. « Ceci remet en question l'affirmation selon laquelle les États-Unis sont des garants des droits de l'homme et affaiblit leur position lorsqu'ils dénoncent des violations des droits de l'homme »

Mme Pillay rappelle qu'il y a quatre ans, elle avait salué l'annonce faite par le Président Barack Obama de faire de la fermeture de Guantanamo une priorité et de mettre en place un système de protection des droits fondamentaux des détenus. Elle a par ailleurs salué l'engagement pris de nouveau la semaine dernière par la Maison blanche pour y parvenir, citant le Congrès comme le principal obstacle.

Toutefois, Mme Pillay s'est déclarée préoccupée par le fait qu'en dépit de ces engagements, des abus continuent d'être perpétrés de manière systématique, poussant de nombreux prisonniers à des gestes de désespoir, comme des grèves de la faim.

« Nous devons être clairs sur ce point : les États-Unis sont en violation flagrante non seulement de leurs propres engagements, mais aussi des lois et normes internationales qu'ils sont pourtant tenus de respecter. Quand d'autres pays violent de telles normes, ils les critiquent vigoureusement, et le plus souvent à juste titre. »

Mme Pillay s'est également dite alarmée des nombreux obstacles que la Loi sur l'autorisation de la défense nationale de 2013 crée pour la fermeture du centre, ainsi que pour le procès de détenus dans des juridictions civiles ou leur libération. La loi a été signée par M. Obama le 3 janvier dernier.

Aussi longtemps que Guantánamo restera ouvert, affirme la Haute Commissaire, les autorités américaines devront redoubler d'efforts pour respecter les droits des détenus. « En vertu des droits de l'homme, les individus privés de leur liberté doivent être traités avec humanité et respect», a-t-elle insisté.

Mme Pillay a enfin demandé au gouvernement américain d'accorder au Conseil des droits de l'homme de l'ONU un accès sans entraves au centre de détention, ainsi qu'aux détenus.


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