Mali : les deux options pour un maintien de la présence de l'ONU présentées au Conseil de sécurité

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman. Photo ONU/Eskinder Debebe

3 avril 2013 – Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a présenté mercredi au Conseil de sécurité les deux options envisagées par le Secrétaire général Ban Ki-moon pour le maintien d'une présence des Nations Unies au Mali, où les groupes islamistes radicaux qui avaient pris le contrôle du nord du pays ont été mis en déroute en janvier dernier par une offensive des forces françaises, à l'appui de l'armée malienne.

La première option serait « une présence politique intégrée et multidimensionnelle des Nations Unies » aux côtés de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). Dans ce contexte, l'ONU poursuivrait ses tâches politiques et relatives aux droits de l'homme dans le cadre d'une opération politique renforcée. Les domaines stratégiques porteraient, entre autres, sur un « rôle de bons offices » en vue de soutenir la médiation, les négociations, le dialogue national et les dialogues communautaires; sur une aide aux autorités de transition dans le cadre du processus électoral; sur la promotion du respect des droits de l'homme; ainsi que sur le soutien à la MISMA. Cette dernière serait responsable de la sécurité, à l'appui des Forces de défense et de sécurité du Mali, précise le rapport du Secrétaire général.

La seconde option impliquerait l'établissement d'une « mission de stabilisation intégrée multidimensionnelle des Nations Unies créée en vertu du Chapitre VII, en complément d'une force parallèle ». Outre son mandat politique, cette mission serait chargée de stabiliser et sécuriser la situation, en axant notamment ses efforts sur la protection des civils et les conditions de la fourniture de l'aide humanitaire et du retour aux déplacés.

Elle obéirait à des « règles d'engagement fermes » et serait autorisée à utiliser tous moyens nécessaires pour contrer les menaces susceptibles d'entraver l'exécution de son mandat, explique le Secrétaire général dans le rapport que présentait Jeffrey Feltman. À ce titre, elle pourrait notamment mener des opérations seule ou en coopération avec les Forces de défense et de sécurité maliennes. En vertu de cette option, la MISMA serait chapeautée par la mission.

« Ces deux options peuvent être regardées comme une transition vers une mission de stabilisation des Nations Unies, aux côtés d'une force parallèle », a-t-il ajouté, soulignant qu'elles prenaient toutes deux en compte le fait que l'ONU opère dans un contexte géopolitique et fait face à des menaces inédites dans le cadre d'une opération de maintien de la paix.

« La situation au Mali demeure incertaine car des éléments extrémistes et terroristes continuent d'y représenter une menace importante à la sécurité des civils et du personnel de l'ONU », a expliqué le Secrétaire général adjoint. Dans son rapport, ce dernier souligne qu'il sera « fondamental d'établir une distinction claire entre les tâches de maintien de la paix qui seraient confiées à la mission de stabilisation des Nations Unies envisagées et les activités d'imposition de la paix et de contre-terrorisme d'une force parallèle ».

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a toutefois noté une amélioration considérable en matière de sécurité. « L'action décisive des Forces françaises et maliennes a permis, dès la fin du mois de janvier, de rétablir le contrôle dans les grandes villes du Nord », a-t-il dit. Les combats avec des groupes armés se poursuivent malgré tout dans les montagnes de l'Adrar des Ifoghas, ainsi que dans la périphérie des centres urbains comme Tombouctou, Goa et Kidal, a-t-il prévenu.


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