FAO : Madagascar a besoin de 41 millions de dollars pour mettre fin à l'invasion de criquets

Des criquets dans le sud-ouest de Madagascar.

26 mars 2013 – L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a annoncé mardi que Madagascar a besoin d'urgence de plus de 22 millions de dollars d'ici juin pour lutter contre une grave invasion de criquets qui menace les prochaines saisons culturales et la sécurité alimentaire de plus de la moitié de la population.

« Actuellement, près de la moitié du pays est infestée de bandes larvaires et d'essaims d'individus ailés, chaque essaim étant composé de milliards de ces insectes dévoreurs de plantes. La FAO estime qu'environ les deux tiers du pays seront affectés par l'invasion acridienne d'ici septembre 2013 si aucune mesure n'est prise », a prévenu l'agence onusienne dans un communiqué de presse.

Au vu de la dégradation de la situation, le Ministère malgache de l'agriculture avait déclaré l'état d'alerte acridienne en novembre 2012 sur tout le territoire national. En décembre, le ministère avait sollicité l'assistance financière et technique de la FAO pour faire face à l'invasion, mobiliser des fonds, puis coordonner et mettre en œuvre la réponse d'urgence.

Près de 60% des plus de 22 millions d'habitants de Madagascar sont menacés d'une nette aggravation de la faim, dans un pays qui affiche déjà une insécurité alimentaire et une malnutrition extrêmement élevée. Dans les régions méridionales les plus pauvres, où a débuté l'invasion, environ 70% des ménages souffrent d'insécurité alimentaire.

L'infestation menace actuellement 60% de la production rizicole malgache. Le riz est le principal aliment de base à Madagascar, où 80% de la population vit avec moins d'un dollar par jour. Les essaims de criquets dévoreraient aussi l'essentiel de la végétation verte qui sert habituellement de pâturage.

« Nous savons par expérience que cette invasion nécessitera trois ans de campagnes antiacridiennes. Nous avons besoin des fonds maintenant pour assurer les approvisionnements et organiser dans les délais les opérations aériennes de prospection et de lutte », a expliqué la Coordinatrice de la réponse antiacridienne de la FAO, Annie Monard.

« Les campagnes des années précédentes n'ont pas été suffisamment financées et toutes les infestations n'ont malheureusement pas pu être maîtrisées », a-t-elle précisé en comparant le problème à une mauvaise herbe dont on n'aurait pas coupé les racines et qui repousserait ensuite de plus belle.

Le Centre national antiacridien a traité 30.000 hectares de terres agricoles depuis le début de la saison des pluies, en octobre 2012. Mais près de 100.000 hectares qui devaient être traités ne l'ont pas été à cause des capacités limitées des pouvoirs publics.

La situation s'est encore détériorée avec le passage du cyclone Haruna, en février, qui a non seulement endommagé les cultures et les habitations mais aussi créé des conditions de reproduction optimales pour une nouvelle génération de criquets.

Durant la première année, la stratégie de lutte antiacridienne de la FAO reposerait sur des opérations aériennes à grande échelle. Près de 1,5 million d'hectares seront traités en 2013-2014, puis 500.000 hectares la deuxième année, et seulement 150.000 hectares au cours de la troisième et dernière année d'intervention. Toutes les opérations seront réalisées dans le respect de la santé humaine et de l'environnement.


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