Tchad: l'intervention humanitaire de l'ONU en 2013 menacée par une crise de financement

Des réfugiés en provenance de la République centrafricaine arrivent dans le nouveau camp Paris-Sara, situé dans le sud du Tchad. Photo: L. Borisenko

21 mars 2013 – Le Coordonnateur résident et humanitaire des Nations Unies pour le Tchad, Thomas Gurtner, a rencontré mercredi les principaux partenaires régionaux à Dakar en vue d'élaborer une stratégie commune pour le Sahel et faire face à la crise de financement à laquelle sont confrontés les acteurs humanitaires au Tchad.

Près de trois mois après le début de l'année, l'Appel humanitaire consolidé (CAP) de 2013, d'un montant de 500 millions de dollars, n'est financé qu'à hauteur de 9% et les agences de l'ONU prévoient que le financement cette année ne pourrait atteindre que le tiers du montant reçu en 2012.

« J'ai eu des consultations ces derniers jours avec les acteurs humanitaires clés et nous sommes tous de plus en plus inquiets du déficit de financement imminent qui risque de remettre en cause les avancées positives que nos programmes humanitaires avaient pu réaliser en 2012 », a déclaré M. Gurtner dans un communiqué de presse.

« La situation humanitaire au Tchad continue d'être dangereusement précaire et nous avons besoin de financement immédiat afin de maintenir les activités actuelles les plus importantes, sans parler de réponse à de nouvelles crises », a-t-il ajouté.

Malgré une bonne récolte 2012-2013, de 3,8 millions de tonnes de céréales, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) estime que deux millions de personnes auront besoin d'assistance cette année, principalement dans les zones inondées et la bande sahélienne.

Les taux de malnutrition sont attendus à la hausse à partir de juin et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) se prépare traiter cette année 150.000 enfants atteints de malnutrition sévère. La détérioration des conditions de sécurité dans les régions voisines du Darfour et de la République centrafricaine exerce également une pression supplémentaire et inattendue sur les acteurs humanitaires, avec un afflux de plus de 12.500 réfugiés soudanais et 4.000 réfugiés centrafricains au Tchad au cours du mois passé.

« Nous sommes face au plus grand afflux de réfugiés soudanais depuis 2004 et le HCR est encore davantage préoccupé par la situation en cours de développement en République centrafricaine, d'où pourraient arriver 15.000 nouveaux réfugiés dans les prochains mois », a prévenu de son côté la représentante du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) au Tchad, Aminata Gueye.

« À l'heure actuelle, nous n'avons tout simplement pas les fonds nécessaires pour répondre simultanément à ces situations d'urgence et sommes obligés de puiser des ressources dans des programmes existants afin d'aider ces réfugiés extrêmement vulnérables », a-t-elle ajouté.


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