Ban annonce l'ouverture d'une enquête de l'ONU sur l'emploi possible d'armes chimiques en Syrie

Le Secrétaire général Ban Ki-moon annonce l’établissement d’une mision d’enquête sur les allégations d’emploi d’armes chimiques en Syrie. Photo: ONU/Mark Garten

21 mars 2013 – À la demande du gouvernement syrien, le Secrétaire général Ban Ki-moon a annoncé jeudi l'ouverture par les Nations Unies d'une enquête, « dès que possible », sur des allégations selon lesquelles des armes chimiques ont été utilisées en Syrie.

« Je voudrais annoncer que j'ai décidé de conduire une enquête des Nations Unies sur le recours possible à des armes chimiques en Syrie », a-t-il déclaré ce matin aux médias.

Cette décision fait suite à une requête officielle présentée hier par les autorités syriennes, qui lui demandent une « mission spécialisée, impartiale et indépendante chargée d'enquêter sur les allégations selon lesquelles des armes chimiques ont été utilisées » dans le cadre du conflit qui sévit en Syrie depuis deux ans.

« La mission d'enquête examinera l'incident spécifique porté à mon attention par le gouvernement syrien. »

Hier, à la sortie du Conseil de sécurité, le Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, Bachar Ja'afari, avait accusé, à la suite de son gouvernement, des « groupes terroristes armés » d'avoir employé, le 19 mars, des armes chimiques dans le cadre d'une attaque perpétrée dans le village de Khan al-Assal, aux environs d'Alep.

« Je suis, bien entendu, conscient qu'il y a d'autres allégations de cas similaires impliquant l'utilisation présumée d'armes chimiques », a précisé le chef de l'ONU.

En vertu de la résolution 42/37 C (1987) de l'Assemblée générale, le Secrétaire général est en effet prié, « lorsqu'un État Membre lui signalera des cas d'emplois d'armes chimiques et bactériologiques […], de procéder à une enquête afin d'établir les faits et de rendre compte rapidement des résultats à tous les États Membres ». Cette obligation est réaffirmée par la résolution 620 (1988) du Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, les conseillers de M. Ban sont en train de définir les modalités du déploiement d'une telle mission, en étroite consultation avec les organismes pertinents, notamment l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

« En assumant son mandat pour une mission d'investigation, une coopération complète de toutes les parties sera essentielle. Je souligne que ceci inclut un accès sans entraves », a ajouté le Secrétaire général, en réaffirmant que la communauté internationale avait besoin d'une assurance « pleine et entière » que les armes chimiques en Syrie sont véritablement stockées en lieu sûr.

Ban Ki-moon a aussi rappelé devant les journalistes la « responsabilité première » du gouvernement syrien pour veiller à la sûreté et à la sécurité de tels stocks.


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