Haïti : pas de progrès envisageables sans sortie de l'impasse politique, prévient le chef de la MINUSTAH

Le Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour Haïti, Nigel Fisher. Photo: ONU/MINUSTAH/Igor Rugwiza

20 mars 2013 – Haïti doit impérativement surmonter les blocages politiques qui paralysent ses institutions, a prévenu mercredi le Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour ce pays, Nigel Fisher, pour qui le processus de stabilisation dans l'île s'est heurté à « de nombreuses difficultés » au cours des six dernier mois.

Venu présenter aux membres du Conseil de sécurité le dernier rapport en date de Ban Ki-moon sur la situation dans ce pays, M. Fisher s'est déclaré convaincu qu'Haïti peut et va faire de grands progrès à condition de surmonter les divisions politiques, en entamant des réformes importantes dans le domaine institutionnel et de l'état de droit et en répondant aux besoins urgents de ses citoyens sur les plans social et économique.

« Le dénouement de l'impasse politique actuelle est crucial pour la consolidation de la démocratie en Haïti », a lancé le Représentant spécial par intérim, qui dirige également à ce titre la Mission de stabilisation des Nations Unies pour ce pays (MINUSTAH).

Dans son rapport, le Secrétaire général explique que le conflit qui a eu lieu entre les dirigeants politiques des trois branches de l'État haïtien – exécutive, législative et judiciaire – a entraîné des retards qui ont perturbé le fonctionnement du système de gouvernance et entraîné le pays dans une impasse politique « extrêmement préjudiciable ».

La tenue des élections – initialement prévues en novembre 2011 – ayant été différée, le patron de l'ONU prie instamment dans son rapport les autorités haïtiennes d'instaurer un climat favorable à la tenue cette année d'élections libres, régulières, crédibles et ouvertes à tous.

Aussi M. Ban demande-t-il que les trois pouvoirs de l'État mènent à bien la nomination de leurs membres au Collège transitoire du Conseil électoral, un appel repris aujourd'hui par son Représentant spécial. « Hier, a-t-il relevé, le Président d'Haïti s'est engagé à créer, avant Pâques, le Collège transitoire. Mais ce ne sera qu'une première étape avant la tenue d'élections crédibles et ouvertes à tous ».

Ces élections, a-t-il assuré, permettront de renforcer l'état de droit et de répondre à des questions urgentes comme l'emploi et la protection sociale, dans un pays qui se remet toujours du séisme de janvier 2010 et où le chômage est aggravé par des phénomènes climatiques extrêmes et une épidémie de choléra.

À l'issue de ce constat, le Représentant spécial a présenté le Plan de consolidation 2013-2016 de la MINUSTAH, approuvé par le gouvernement d'Haïti, qui fixe les objectifs à atteindre au cours des trois prochaines années.

Ce plan, a expliqué M. Fisher, reprend quatre tâches principales de la Mission, à savoir le développement accéléré de la Police nationale haïtienne, le renforcement de la Commission électorale permanente qui sera créée, le renforcement de l'état de droit et des droits de l'homme, ainsi que l'appui à la réforme de la gouvernance aux niveaux national et local et l'aide aux acteurs nationaux pour dégager un consensus sur un processus politique inclusif.

« Plusieurs de ces objectifs peuvent être atteints en 2016 », a assuré M. Fisher, « ceci exigeant un transfert graduel des responsabilités en matière de sécurité nationale aux autorités haïtiennes ».


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