Un expert de l'ONU demande au gouvernement de Côte d'Ivoire de garantir l'impartialité de la justice

L'expert indépendant de l'ONU, Doudou Diène (au centre), lors d'une visite en Côte d'Ivoire en novembre 2011. Photo ONU/Basile Zoma

20 mars 2013 – L'expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, Doudou Diène, a appelé mercredi le gouvernement de ce pays à accorder la plus grande priorité au renforcement de la dynamique démocratique, à la promotion des droits de l'homme et à la consolidation de la reconstruction économique et sociale.

Lors de la présentation de son rapport au Conseil des droits de l'homme à Genève, M. Diène a exhorté la communauté internationale à maintenir et à renforcer son appui à la Côte d'Ivoire pour soutenir la reconstruction économique et sociale en cours, et favoriser la promotion du pluralisme et la réconciliation nationale dont les progrès sont fragilisés par la polarisation politique.

« L'urgence de la réconciliation politique et de la reconstruction démocratique, économique et sociale est confortée par la crise Malienne dont les implications politiques, militaires, religieuses et économiques sont de nature à déstabiliser en profondeur et dans la durée l'ensemble des pays de la région » a prévenu M. Diène.

« Une société multiculturelle, démocratique, égalitaire et respectueuse des droits de l'homme constitue le contre-feu le plus solide à ce nouveau péril dont les ferments sont la violence, l'intolérance et la discrimination », a-t-il ajouté.

L'expert indépendant de l'ONU a rédigé son rapport suite à sa troisième mission en Côte d'Ivoire, du 24 septembre au 12 octobre 2012 au cours de laquelle il a constaté une fragilisation de la situation des droits de l'homme qui selon lui pourraient compromettre les réalisations considérables du gouvernement sur le plan démocratique, économique et social.

M. Diène a réaffirmé l'urgence d'accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration ainsi que la réforme du secteur de la sécurité, puisque le retard accusé dans ce domaine contribue à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays et risque selon lui d'entraîner des violations des droits de l'homme.

« Ces réformes vont nécessiter la mobilisation d'importants moyens financiers qui vont bien au-delà des capacités actuelles de la Côte d'Ivoire à absorber les ex-combattants qui seront désarmés et démobilisés », a souligné M. Diène.

« Les auteurs des violations des droits de l'homme doivent être poursuivis sans distinction de leur appartenance politique, tribale, régionale ou religieuse », a réaffirmé M. Diène « pour que le processus judiciaire soit utile à la société ivoirienne dans son ensemble et contribue véritablement à la réconciliation nationale et à l'impulsion d'une nouvelle dynamique plus respectueuse de la vie et de la dignité humaine ».

« La lutte contre l'impunité est en marche mais demeure à ce jour à sens unique, sans équité et essentiellement orientée vers les partisans de l'ancien président Gbagbo », a affirmé l'expert.

De nombreuses personnalités politiques et militaires proches de l'ancien président impliquées dans des violations des droits de l'homme et dont les noms avaient été plusieurs fois cités dans des rapports de l'ONU au cours des dix dernières années sont aujourd'hui inculpés et détenus.


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