Ban plaide pour l'adoption d'un traité vigoureux sur le commerce des armes conventionnelles

Un Casque bleu de l’ONU avec des armes collectées auprès de milices en Côte d’Ivoire. Photo: ONU/Ky Chung

18 mars 2013 – Le Secrétaire général Ban Ki-moon a exhorté lundi les participants à la Conférence finale des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes à conclure ses travaux le 28 mars par l'adoption d'un instrument international qui fixerait les normes du commerce international sur les armes conventionnelles.

« Vous n'êtes pas ici pour entamer de nouvelles négociations. Vous êtres ici pour renforcer et conclure le travail qui a été accompli depuis le début du processus autour d'un tel traité, en 2006 », a déclaré M. Ban aux représentants des 193 États Membres dans la déclaration qu'il a prononcée à l'ouverture de cette Conférence, qui se tient à New York.

Il a ajouté qu'il était temps de démontrer une volonté politique et de négocier les ultimes détails pour atteindre le consensus. « C'est le message clair qu'a adressé l'Assemblée générale lorsqu'elle a décidé que cette Conférence serait aussi la dernière ».

Les dernières négociations en date autour d'un traité sur le commerce des armes se sont achevées en juin 2012 sans accord. Déçu, le Secrétaire général avait parlé alors de « revers », tout en notant les progrès accomplis à partir desquels les États pouvaient avancer.

Dans son allocution d'aujourd'hui, M. Ban a noté que les normes internationales réglementent absolument tout, des jouets aux tomates, en passant par les T-shirts. Il s'est donc demandé pourquoi il y avait « des normes internationales pour le commerce international des fauteuils, mais pas pour celui des armes ».

Un traité efficace et vigoureux, a expliqué M. Ban, adresserait une mise en garde aux seigneurs de la guerre, aux pirates, aux auteurs de violations des droits de l'homme, aux terroristes et aux trafiquants d'armes, et exigerait des pays exportateurs d'évaluer le risque que des armes puissent être utilisées pour commettre des violations graves du droit humanitaire international ou alimenter des conflits.

Les violences armées, a-t-il noté, font chaque année plus d'un demi-million de victimes, dont 66.000 femmes et enfants. En outre, entre 2000 et 2010, près de 800 travailleurs ont été tués dans des attaques armées et 689 blessés, d'après le Bureau des affaires de désarmement

« Nous devons ce traité historique des Nations Unies aux victimes des conflits armés et des violences, à tous les enfants privés d'un avenir meilleur et à tous ceux qui risquent leur vie pour bâtir la paix et rendre ce monde meilleur », a déclaré M. Ban.

Près de 2.000 responsables gouvernementaux, de représentants d'organisations régionales et internationales et de la société civile sont réunis au Siège des Nations Unies pour prendre part aux négociations et évènements qui se déroulent en marge.

Le processus est supervisé par l'Ambassadeur Peter Woolcott, de l'Australie, qui a pris ses fonctions de Président de la Conférence aujourd'hui.

« Ma porte sera toujours ouverte », a-t-il assuré les participants, ajoutant qu'en « travaillant ensemble, nous pouvons faire de ce traité sur le commerce des armes une réalité ». M. Woolcott les a exhortés à parvenir à un consensus, leur rappelant que « les attentes étaient considérables et le temps limité ».


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