La FAO déplore la lenteur de l'adaptation à l'évolution des régimes alimentaires dans le monde

Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva. Photo: FAO/Giulio Napolitano (photo d’archive)

15 mars 2013 – Lors d'une réunion au Centre de recherche de Wageningen aux Pays-Bas vendredi, le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva, a prévenu que l'urbanisation, la croissance économique et d'autres transformations font évoluer les modes de vie et les régimes alimentaires, souvent avec des conséquences néfastes pour la santé.

« Il nous faut des stratégies de nutrition intégrées, définies par la société dans son ensemble – secteur privé, consommateurs, médecins et associations de consommateurs notamment », a estimé M. da Silva qui effectuait un déplacement officiel de deux jours aux Pays-Bas.

« Si 870 millions de personnes souffrent de la faim, plus d'un demi-milliard d'autres sont obèses et susceptibles de développer des maladies non transmissibles », a-t-il ajouté en insistant sur la nécessité de produire des aliments sans danger, d'offrir plus de choix aux consommateurs et de mieux les informer sur leur régime alimentaire.

M. da Silva a signé avec l'Université de Wageningen un accord instaurant une collaboration plus étroite en matière de recherche scientifique et d'activités conjointes destinées à renforcer les capacités pédagogiques, scientifiques et technologiques des pays en développement. Un réexamen mondial des stratégies de nutrition pourrait notamment amener à repenser le rôle des cultures traditionnelles, qui ont perdu du terrain dans les régimes alimentaires modernes.

« Chaque région compte une série de végétaux qui ne font pas partie des produits de base alors qu'ils servaient auparavant à l'alimentation », a-t-il expliqué.

Le chef de la FAO a félicité l'université pour son appui au développement de l'agriculture, tant industrielle qu'artisanale, précisant que ses recherches aident considérablement à mieux comprendre les exploitations familiales.

« Je pense que ces deux modes d'agriculture ont chacun leur place dans le monde actuel, nous avons besoin des deux », a-t-il affirmé.

Si la science et les technologies ont un rôle clé dans la productivité agricole et l'augmentation de la production, les technologies ne peuvent pas simplement s'exporter d'un pays à l'autre et fonctionner parfaitement. Il faut les adapter aux conditions locales.

« L'agriculture est trop sensible, elle dépend trop de l'endroit où on la pratique. Le sol, le climat, l'eau disponible et tant d'autres facteurs influencent la façon dont une technologie fonctionnera dans un lieu donné », a rappelé M. da Silva.

« Nous devons demander aux agriculteurs ce dont ils ont besoin, ce qu'ils veulent et nous assurer que les agriculteurs eux-mêmes finissent par s'approprier des technologies », a-t-il estimé.


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