Le Conseil de sécurité proroge d'un an le mandat de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL)

Le Représentant spécial et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Tarek Mitri. Photo: ONU/Evan Schneider

14 mars 2013 – Le Conseil de sécurité a prorogé, jeudi, pour une nouvelle période de 12 mois, le mandat de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) en tant que mission politique spéciale intégrée, tout en allégeant certaines des dispositions de l'embargo sur les armes imposé à la Libye.

Aux termes d'une résolution adoptée par le Conseil de sécurité à l'unanimité de ses quinze membres, la MANUL aidera désormais le gouvernement libyen à déterminer les besoins et les priorités dans tout le pays, à y répondre en donnant des conseils stratégiques et techniques, selon qu'il conviendra, et à appuyer l'action que mène la Libye dans la gestion de la transition démocratique, dans la promotion de l'état de droit, dans le rétablissement de la sécurité, dans la lutte contre la prolifération illicite des armes, ainsi que dans la coordination de l'aide internationale.

Le Conseil a également décidé d'alléger certaines des dispositions concernant la fourniture de matériel militaire non létal et toute assistance technique, formation ou aide financière à la Libye en la matière lorsque celles-ci sont destinées à un usage humanitaire ou de protection; ou quand elles ont pour but exclusif l'aide au Gouvernement libyen pour la sécurité ou le désarmement.

Avant d'adopter cette résolution, le Représentant spécial et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Tarek Mitri, a fait un exposé sur les développements récents de la situation en Libye.

« Le 17 février, le peuple libyen est descendu dans les rues pour marquer le second anniversaire de sa révolution. Des manifestants se sont aussi réunis sur la Place de la liberté de Benghazi pour demander la fin de la marginalisation politique et socioéconomique de l'est du pays. Ces événements n'ont pas déstabilisé le pays, et les manifestants ont témoigné un sentiment de fierté envers les promesses de la révolution », a souligné M. Tarek Mitri.

Dans ce contexte, il s'est réjoui que le Président libyen, Mahommad al-Magariaf, et le Premier Ministre, Ali Zeidan, aient pris contact avec l'ensemble du spectre politique de l'est du pays. Il a, cependant, mis en évidence la controverse et les divisions politiques qui persistent dans le pays au sujet de la proposition de loi visant à exclure de la vie politique ceux qui, par le passé, se sont adonnés à la corruption.

« La MINUL a appelé à la prudence en ce qui concerne l'adoption de cette loi et a transmis au Président un mémoire dans lequel elle répète la nécessité de respecter les normes internationales en la matière », a précisé M. Mitri.

Le 5 mars, une séance de travail du Congrès général national, destinée à débattre de ce projet de loi, s'est soldée par des échauffourées et des tentatives d'intimidation armée. En outre, une chaîne de télévision et d'autres institutions ont été victimes de groupes armés. Tarek Mitri a fermement condamné ces actes, ainsi que la tentative d'assassinat du Président qui a suivi.

Il s'est également déclaré grandement préoccupé par le fait que des milliers de détenus ne fassent toujours pas l'objet d'une procédure judiciaire ou continuent d'être détenus dans des fermes ou des habitations privées. Il a cependant précisé que le Gouvernement libyen avait pris des mesures en vue d'accélérer les entrevues avec les personnes détenues, ainsi que leur transfert vers des installations contrôlées par l'État.

Enfin, le chef de la MANUL a souligné que les problèmes sécuritaires en Libye demeuraient importants et constituaient la principale source de préoccupation de la population. « Le pays déborde d'armes et de munitions dont le contrôle n'est pas garanti, ce qui menace également la sécurité régionale étant donné la porosité des frontières », a-t-il dit.

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