Le patron de l'UNRWA s'alarme des répercussions du conflit syrien sur les réfugiés palestiniens

Le Commissaire général de l’UNRWA, Filippo Grandi. Photo ONU/Devra Berkowitz

11 mars 2013 – Alors que le conflit en Syrie ne cesse de s'aggraver, des menaces « sans précédent » pèsent sur les réfugiés palestiniens dans le pays, a prévenu lundi le Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Filippo Grandi.

« La Syrie constitue aujourd'hui pour l'UNRWA, comme pour beaucoup d'autres agences, le principal défi à relever», a assuré le Commissaire général devant les journalistes réunis au Siège de l'ONU à New York.

L'UNRWA, a rappelé M. Grandi, prend en charge environ cinq millions de réfugiés palestiniens répartis dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie – pays dans lequel ils sont 530.000. Le but de cet organisme ? Répondre aux besoins essentiels qui se posent dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'aide humanitaire et des services de base. Le conflit syrien a coûté la vie à cinq des membres du personnel de l'Office, tués accidentellement, dix autres étant portés disparus.

En Syrie, « le défi est de continuer à fournir ces services aux Palestiniens », a expliqué le Commissaire général, en soulignant l'importance cruciale de maintenir les écoles ouvertes, de garantir l'accès aux soins de santé et de venir en aide aux populations les plus pauvres. L'UNRWA estime à environ 400.000 le nombre de Palestiniens ayant aujourd'hui besoin d'une assistance humanitaire supplémentaire, 250.000 ayant été déplacés des lieux où ils résidaient auparavant.

Dans le camp de Yarmuk, le plus important du pays, situé au sud de Damas, où de violents combats font rage depuis décembre, 120.000 des 150.000 Palestiniens qui y étaient recensés avant le conflit sont « pris au piège », a averti le Commissaire général, qui a reconnu qu'il était de plus en plus difficile d'avoir accès à eux en raison de la détérioration des conditions de sécurité sur place.

Comme les Syriens eux-mêmes, les Palestiniens n'ont que très peu d'options de fuite, sachant que la Jordanie a officiellement annoncé qu'elle ne souhaitait plus accueillir de réfugiés sur son territoire. La « seule voie réellement ouverte » est celle qui les mène à travers le Liban, un pays où 32.000 d'entre eux ont pu trouver refuge, a ajouté M. Grandi.

Le patron de l'UNRWA a également expliqué que l'expansion du conflit à des zones où ils son établis pourraient à terme placer les Palestiniens dans une « situation potentiellement dangereuse », alors que, jusqu'à l'été 2012, ils avaient été relativement épargnés par les violences.

S'ils « ne veulent pas être impliqués » dans le conflit, il n'en demeure pas moins qu'en cas de règlement, « les Palestiniens pourraient être l'objet de représailles de la part d'un camp ou d'un autre », a anticipé M. Grandi.

Aussi a-t-il a souligné la nécessité de parvenir à un règlement politique négocié de la crise en Syrie « le plus rapidement possible ». « Il est essentiel que le Conseil de sécurité s'unisse pour trouver une solution dès que possible », a-t-il insisté. « Sinon », a déclaré le Commissaire général, « le prix à payer pour ces personnes sera plus lourd encore. »

Le montant des annonces de contributions faites jusqu'à présent pour les opérations de l'UNRWA en 2013 s'élève à 26,57 millions de dollars, soit près de 30% des 91,24 millions demandés.


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