RDC : Ban demande au Conseil de sécurité d'autoriser le déploiement d'une brigade d'intervention au sein de la MONUSCO

Un hélicoptère civil de la MONUSCO Photo: MONUSCO/Sylvain Liechti (Photo d’archive)

5 mars 2013 – Le Secrétaire général Ban Ki-moon a demandé mardi au Conseil de sécurité d'autoriser le déploiement d'une force spéciale intégrée à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) afin de rétablir la sécurité dans l'est de ce pays.

« La situation sécuritaire reste fragile et requiert des actions urgentes », a plaidé M. Ban devant les 15 membres de l'organe chargé de la paix et de la sécurité internationales.

Communément appelée « brigade d'intervention », la force proposée mènerait, seule ou avec les Forces armées congolaises (FARDC), des offensives « ciblées et musclées », « en faisant preuve d'une grande mobilité et d'adaptabilité », contre les groupes armés qui déstabilisent l'est de la RDC. La brigade bénéficierait notamment de l'appui aérien de la MONUSCO, qui serait dotée de deux hélicoptères d'attaque et quatre hélicoptères de manœuvre supplémentaires, précise le rapport spécial du Secrétaire général dont était saisi le Conseil. Son mandat initial serait d'un an, recommande-t-il.

« Cette capacité opérationnelle, qui avait été demandée par les parties prenantes régionales, est nécessaire pour répondre de la manière la plus appropriée à l'environnement conflictuel dans lequel opère la MONUSCO depuis plusieurs années », a expliqué M. Ban.

« Chargée de contenir, de neutraliser et de désarmer les groupes armés congolais et étrangers, la brigade d'intervention permettra à la MONUSCO de se concentrer davantage sur les tâches relatives au maintien de la paix », a fait observer le patron de l'ONU.

La brigade a été envisagée pour réaliser les objectifs politiques fixés par l'Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs, signé le 24 février dernier à Addis-Abeba en Éthiopie.

En signant cet Accord-cadre, l'Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l'Ouganda et la Tanzanie se sont notamment mis d'accord pour protéger la souveraineté territoriale et préserver la paix et la stabilité de la RDC. Les Nations Unies, l'Union africaine, la Conférence internationale de la région des Grands Lacs et les 14 États Membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) se portent garants de cet Accord-cadre.

« Nous sommes tous conscient que la signature de l'Accord-cadre n'est qu'un début », a prévenu M. Ban, qui s'apprête à nommer un Envoyé spécial, qui sera chargé de soutenir sa mise en œuvre par toutes les parties prenantes.

Près d'un million de personnes ont été déplacées dans la région du Nord-Kivu par les affrontements entre le groupe rebelle M23 et les forces armées congolaises fin 2012. Cela porte le nombre total de déplacés dans l'est de la RDC à 2,6 millions. Si les combats ont cessé, la situation sécuritaire reste précaire et l'instabilité s'étend à d'autres régions de la RDC.

« Il se peut que certains estiment que cette instabilité s'inscrit simplement dans le cycle de violences interminables dans cette région meurtrie, mais nous avons la possibilité de rompre ce cycle et de faire évoluer les choses de façon différente », a assuré le Secrétaire général.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a publié mardi un appel de fonds supplémentaires d'un montant de 69,6 millions de dollars pour aider des centaines de milliers de civils congolais déracinés dans la région des Grands Lacs.

Ces fonds supplémentaires incluent 22,6 millions de dollars pour la RDC, sept millions de dollars pour le Burundi, 17,7 millions de dollars pour le Rwanda et 22,3 millions de dollars pour l'Ouganda. Ces sommes s'ajoutent au budget, d'un montant de 282,4 millions de dollars pour 2013, qui avait été approuvé en octobre dernier par l'organe directeur du HCR pour toutes les opérations menées dans ces quatre pays.

« Cet argent est vital pour couvrir les besoins essentiels de près de 453.600 civils congolais déracinés en RDC et au-delà des frontières par les violences commises l'an dernier dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu, y compris 5.600 réfugiés au Burundi, 23.000 au Rwanda et 35.000 en Ouganda », précise le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, dans un communiqué de presse.

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