Guinée : le HCDH demande l'ouverture d'une enquête à la suite d'une manifestation meurtrière

Des Guinéens dans les rues de Conakry patientent devant les bureaux de vote lors de l’élection présidentielle du 27 juin 2010. Photo: IRIN/Nancy Palus

5 mars 2013 – Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a exprimé mardi sa préoccupation devant les troubles qui ont secoué la Guinée la semaine dernière, faisant de nombreux morts et blessés.

« Nous appelons les autorités nationales à veiller à la stricte application des lois et rappelle leur responsabilité de protéger tous les civils », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Haut Commissariat, Rupert Colville, lors d'un point de presse donné à Genève.

« Nous demandons l'ouverture d'une enquête rapide, impartiale et efficace pour veiller à ce que les auteurs de violations des droits de l'homme soient tenus pour comptables de leurs actes. »

Mercredi dernier, une personne a été tuée et plus d'une centaine d'autres blessées lors d'une manifestation dans la capitale Conakry contre le Président Alpha Condé, alors que les préparatifs des prochaines élections législatives sont en cours. La manifestation a été suivie d'affrontements intercommunautaires entre Peules et Malinké. Les affrontements ont éclaté dans le quartier de Hamdallaye, une banlieue de Conakry, avant de s'étendre à d'autres parties de la ville au cours du weekend.

M. Colville a indiqué qu'au moins cinq personnes, parmi lesquelles un policier, ont été tuées et 172 autres ont été blessées par des pierres jetées par les manifestants et des tirs des forces de sécurité. Trois personnes ont été tuées par des coups de feu.

« D'après nos sources, certains manifestants attaquaient des gens sur la base de leur appartenance ethnique, tandis que d'autres pillaient des magasins face à des forces de sécurité dépassées. Des résidences privées, des véhicules et d'autres propriétés ont également été attaquées, et dans certains cas détruites », a précisé M. Colville.

Le Haut Commissariat a exhorté les manifestants à s'abstenir de toute violence, condamnant le fait de prendre des individus pour cible en fonction de leur ethnicité. En outre, il a exprimé sa préoccupation devant les informations selon lesquelles les forces de sécurité auraient fait un usage disproportionné de la force.

« Nous saluons les appels au calme lancés par le Président guinée et par plusieurs dirigeants politiques et leaders religieux et appelons toutes les parties à s'en tenir à des moyens pacifiques pour régler leurs différends », a précisé M. Colville.

Des flambées de violence se sont déjà produites dans le pays. Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité guinéennes avaient ouvert le feu sur des civils lors d'un rassemblement dans un stade de football de Conakry. Au moins 150 personnes y auraient trouvé la mort et 109 femmes subi des violences sexuelles.

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