Somalie : l'ONU salue la libération d'une victime présumée de viol

La Représentante spéciale sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura. Photo: ONU/Eskinder Debebe

5 mars 2013 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Hawa Bangura, ont salué mardi la décision la Cour d'appel de Mogadiscio de casser la condamnation d'une femme victime d'un viol présumé par des membres des forces de sécurité somaliennes.

Tous deux ont cependant exprimé leur préoccupation devant le fait que la sentence, certes réduite, d'un journaliste ayant enquêté sur cette affaire et accusé d'avoir « porté atteinte à l'honneur » d'une institution de l'État, ait été confirmée.

« Le Secrétaire général exhorte le gouvernement somalien à veiller à ce que les accusations de violence sexuelle fassent l'objet d'enquêtes et que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice », a indiqué le porte-parole de M. Ban dans un communiqué de presse lundi soir.

En janvier, les autorités somaliennes ont arrêté une femme, qui vivait alors dans un camp de personnes déplacées, qui avait affirmé avoir été violée au mois de septembre dernier par des hommes portant l'uniforme de l'armée somalienne. Le journaliste qui l'a interviewé, Abdiaziz Abdinur Ibrahim, a également été arrêté et, en dépit du fait qu'il n'a rien publié, et condamné pour diffamation. Les deux ont été condamnés à un an de prison.

Mme Bangura a elle aussi salué la décision de la Cour d'appel, soulignant que l'arrestation et la condamnation de la victime adressaient à toutes les victimes potentielles de viol un message selon lequel elles doivent se taire.

« Le jugement de la Cour d'appel rappelle au contraire que les victimes de violences sexuelles ne doivent pas être pénalisées », indique-t-elle dans un communiqué de presse. « Je demande aux victimes de toujours réclamer justice ».

La Représentante spéciale a elle aussi exprimé sa préoccupation à l'annonce du maintien en détention de M. Ibrahim, affirmant que les journalistes ne doivent pas réduits au silence ou menacés de poursuites dans le cadre de leur travail.

« Les médias jouent un rôle important pour mettre en évidence les crimes et les injustices et ne devraient jamais être condamnés pour avoir attiré l'attention sur des fait embarrassants pour les gouvernements », a-t-elle affirmé.


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