L'Organe international de contrôle des stupéfiants s'inquiète du succès des euphorisants légaux

Des médicaments de contrefaçon vendus sur un marché de Ouagadougou, au Burkina Faso, à l'origine de graves problèmes de santé chez certains de ses usagers. Photo: IRIN/Brahima Ouedraogo

5 mars 2013 – L'entité des Nations Unies chargée de surveiller la production et la consommation des stupéfiants à travers le monde s'inquiète du succès rencontré par les « euphorisants légaux », qui produisent des effets similaires à ceux des stupéfiants illégaux et posent une grave menace à la santé publique.

« Au cours des dernières années, une hausse sans précédent de l'abus de substances psychotropes a été constatée », a confirmé mardi le Président de l'Organe international de contrôle des stupéfiants, Raymond Yans.

D'après son dernier rapport en date, rendu public aujourd'hui, il est désormais facile de se procurer sur l'Internet ces euphorisants légaux, qui se comptent désormais par centaines.

« Rien qu'en Europe, près d'une nouvelle substance apparaît chaque semaine », alerte M. Yans. « Auparavant, entre 2000 et 2005 cinq nouvelles substances étaient en moyenne recensées chaque année. Une action vigoureuse doit donc être lancée par les gouvernements pour répondre à l'abus de ces euphorisants légaux, qui constituent une menace à la santé publique et posent un défi de taille aux systèmes de santé publique. »

Le rapport précise également que l'abus de médicaments sur ordonnance a continué de s'aggraver à d'autres pays du monde. La consommation des médicaments destinés à traiter les troubles du déficit de l'attention avec hyperactivité a particulièrement augmenté.

Un autre problème majeur est celui de l'abus de tranquillisants et de sédatifs. « Dans certains pays, plus de 6% des élèves du secondaire ont déjà abusé de tranquillisants, soulignant une tendance alarmante », s'inquiète le Président.

Selon lui, le problème des stupéfiants est un « problème global qui exige une solution globale ». Il insisté sur la nécessité de s'appuyer sur les conventions pertinentes de contrôle des stupéfiants pour empêcher les trafics illicites.

Le rapport souligne aussi la situation par région, confirmant que l'Amérique du Nord continue d'être le plus vaste marché du monde pour les drogues, avec, parmi les 15-64 ans, un décès sur vingt imputable à l'abus de stupéfiants.

Le cannabis demeure la drogue la plus largement cultivée et consommé en Afrique, poursuit le rapport, mais les stimulants à base d'amphétamines y sont perçus comme la menace émergente. La consommation de cocaïne a fait une percée en Afrique de l'Ouest, alors que la sous-région s'impose comme une plaque tournante des stupéfiants en provenance d'Amérique du Sud en direction des marchés européens.

En Amérique du Sud, la surface cultivable de coca a légèrement diminué, comparé aux années précédentes. Toutefois, de larges saisies de cannabis continuent d'y être effectuées. L'Amérique centrale et les Caraïbes continuent aussi d'être empruntées comme routes de transit privilégiées par les trafiquants de cocaïne d'Amérique du Sud en direction de l'Amérique du Nord, avec des effets déstabilisants dans ces pays. Le problème est devenu un enjeu de sécurité publique au Mexique où, d'après le gouvernement, plus de 60.000 personnes auraient été tuées depuis 2006 par des violences liées à ces trafics.

L'Asie de l'Est et du Sud-Est – au premier chef l'Afghanistan –, continue d'être le second plus large producteur de pavot à opium dans le monde et la sous-région est également devenue un havre pour la production de stimulants amphétaminiques. Près de la moitié des saisies de ce type de stupéfiants en 2010 l'ont été dans cette région. C'est en Océanie que la consommation de ce type de drogues est la plus élevée.

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