Le Conseiller spécial pour la prévention du génocide appelle à redoubler d'efforts pour empêcher les atrocités

Adama Dieng, le Conseiller spécial pour la prévention du génocide. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

28 février 2013 – Le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a souligné jeudi qu'un grand nombre de situations dans le monde indiquent le risque important d'atrocités de masse qui demandent une action préventive urgente.

« Nous reconnaissons les signaux, nous donnons l'alerte, mais les violations continuent d'être commises et les populations civiles souffrent des conséquences », a déclaré M. Dieng devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, en ajoutant que les génocides n'étaient malheureusement pas des crimes du passé.

« Malgré la tragédie de l'holocauste, des génocides au Cambodge, au Rwanda et à Srebrenica, ainsi que d'autres incidents de violations massives des droits de l'homme, nous n'avons apparemment toujours pas retenu la leçon », a expliqué M. Dieng.

« Face aux atrocités qui continuent d'être commises, et de notre échec à les prévenir ou à freiner leur escalade, nous devons conclure que nous avons failli à notre promesse 'plus jamais' », a-t-il souligné.

Lors d'un sommet des dirigeants du monde, les chefs d'État et de gouvernement avaient adopté, en 2005, le principe de « responsabilité de protéger », qui affirme la responsabilité des États à protéger leurs citoyens des génocides, des crimes de guerre, de « l'épuration ethnique » et des crimes contre l'humanité. Si les États ne respectent pas cette obligation, la communauté est tenue d'intervenir selon ce principe.

Dans son rôle de Conseiller spécial, M. Dieng agi de catalyseur pour sensibiliser l'opinion sur les causes et les dynamiques des génocides et proposer des actions appropriées.

« Aujourd'hui, nous assistons à une recrudescence dangereuse des tensions ethniques et religieuses dans plusieurs régions et nous avons été témoins d'une violence extrême en République démocratique du Congo, en Iraq, au Kirghizstan, Mali, Myanmar, Pakistan, Soudan et Syrie, pour en mentionner quelques unes », a indiqué M. Dieng.

« Nous ne pouvons pas corriger les échecs du passé, mais nous pouvons au moins en tirer des leçons et nous efforcer de créer des mécanismes qui peuvent nous aider à empêcher que ces atrocités se reproduisent », a-t-il ajouté.

Tout en reconnaissant les nombreuses initiatives importantes entreprises par le Conseil des droits de l'homme, M. Dieng a appelé à poursuivre les efforts pour trouver des moyens de réagir aux crises actuels et du futur qui menacent les populations civiles.


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