L'ONU demande la prolongation de l'accord qui assure l'accès abordable aux médicaments pour les pays les plus pauvres

Une personne porteuse du VIH/Sida dans une clinique au Timor Leste. Photo ONU/Martine Perret

27 février 2013 – Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont appelé mardi soir au renouvellement de la clause qui permet aux pays les plus pauvres d'avoir accès à des médicaments d'importance vitale à un coût abordable, alors que des pourparlers sur la question doivent se tenir à Genève la semaine prochaine.

« L'accès à des traitements abordables pour le VIH et à d'autres médicaments de première nécessité est vital pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement dans les pays les moins avancés, notamment ceux relatifs à la santé, » a averti l'Administrateur du PNUD Helen Clark dans un communiqué de presse.

Les agences onusiennes ont expliqué que sans la prolongation de la période de transition convenue au plan international pour que les pays pauvres puissent se conformer pleinement à l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), ceux qui en ont le plus besoin risquent de se voir privés des traitements vitaux du VIH/sida et d'autres médicaments de première nécessité.

Une grande partie des populations les plus vulnérables au monde habitent dans les 49 pays que l'ONU a désignés comme étant les moins avancés (PMA) et qui font face à des problèmes sanitaires considérables. En 2011, ils abritaient près de 9,7 millions des 34 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Près de 4,6 millions d'entre eux pouvaient prétendre à un traitement antirétroviral, d'après les recommandations faites en 2010 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Or, seulement 2,5 millions recevaient ce traitement.

Les PMA sont également touchés de manière disproportionnée par des maladies non transmissibles telles que le cancer ou le diabète. Selon les prévisions, les maladies cancéreuses augmenteront de 82% entre 2008 et 2030, contre 40% dans les pays à revenu élevé qui ont largement accès aux vaccins et aux médicaments.

L'ONUSIDA et le PNUD ont donc exhorté les membres de l'OMC à considérer de toute urgence les besoins persistants des pays les moins avancés.

« Une extension permettrait aux nations les plus pauvres d'obtenir un accès ininterrompu aux médicaments, de construire des fondations technologiques viables et de fabriquer ou importer les médicaments dont ils ont besoin », a affirmé le Directeur général d'ONUSIDA, Michel Sidibé.

L'accord ADPIC a été présenté en 1995 comme un moyen de protéger les droits de propriété intellectuelle à l'échelon mondial. Mais la protection des brevets est l'un des facteurs qui fait grimper le prix des médicaments, ce qui met un grand nombre de traitements essentiels hors de portée des PMA.

Pour résoudre ce problème, les membres de l'OMC ont retenu des options clés de l'accord ADPIC. Ils ont par exemple accordé aux PMA une période de transition de dix ans pour leur permettre de se mettre pleinement en conformité avec le traité.

La deuxième extension devrait expirer le 31 juillet 2013. Une proposition a été déposée devant le Conseil de l'ADPIC au nom des PMA afin d'obtenir une nouvelle extension pour tout pays appartenant à cette catégorie pour aussi longtemps qu'il en fera partie. Le Conseil de l'ADPIC, qui siège à Genève, devrait débattre de cette proposition les 5 et 6 mars.

L'ONUSIDA et le PNUD invitent les membres de l'OMC à prendre en considération toute la gamme de bénéfices économiques, de santé publique et de développement qu'une telle extension rendrait possible.


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