Kenya : un expert de l'ONU appelle au renforcement des mesures pour empêcher les déplacements arbitraires lors des élections

Préparatifs aux élections au Kenya. Photo: IRINFILMS

26 février 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des personnes déplacées, Chaloka Beyani, a appelé mardi le gouvernement du Kenya et la communauté internationale à redoubler d'efforts pour empêcher des déplacements de populations face au risque de violence après les élections législatives de la semaine prochaine.

« Le nombre d'incidents violents entrainant le déplacement arbitraire de personnes ont augmenté récemment à l'approche des élections, malgré l'intervention du gouvernement qui a amélioré la situation », a expliqué M. Beyani dans un communiqué de presse.

La violence et les déplacements ont suivi chaque élection au Kenya depuis celles de 1991-92. Lors des dernières élections législatives en décembre 2007, plus de 1.100 personnes ont été tuées, 3.500 blessées et près de 600.000 déplacées.

Les élections de cette année sont les premières depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution en 2010, qui a introduit des réformes politiques considérables. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), les causes profondes des déplacements ont été atténuées par la nouvelle Constitution. Cependant, des défis persistent, dont la lenteur de la mise en œuvre de la Constitution et les tensions interethniques dans le pays.

« J'exhorte les autorités kenyanes à renforcer les mesures prises par l'organisme national de gestion des catastrophes et des crises afin d'empêcher les déplacements arbitraires et d'intensifier les mesures de préparation et de coordination d'urgence », a indiqué M. Beyani en appelant les bailleurs de fonds à soutenir les efforts de préparation capables d'assurer la sécurité et la dignité des personnes déplacées.

Le Rapporteur spécial a salué les progrès réalisés par le gouvernement depuis sa dernière mission dans le pays en septembre 2011. Depuis, une loi sur le retour des personnes déplacées a été adoptée pour faciliter et fournir une assistance aux personnes déplacées.

« Les solutions pour les personnes déplacées doivent être durables. Leurs voix doivent être entendues à l'avenir. La loi sur les déplacés oblige le gouvernement et d'autres à protéger contre la violence et empêcher les déplacements arbitraires », a souligné M. Beyani, en précisant que les tensions communautaires augmentent les risques de déplacement. En 2012, plus de 116.000 personnes ont été déplacés arbitrairement à cause de la violence intercommunautaire.

« Les élections de cette année ne portent pas seulement sur des positions politiques nationales, mais également locales. Les luttes de pouvoir au niveau local ont d'ores et déjà provoqué des déplacements. Cette situation complexe montre la nécessité de prendre des mesures conséquentes pour lutter contre la violence électorale et les déplacements arbitraires lors des élections de 2013 », a affirmé M. Beyani.


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