FAO : Les systèmes de certification des biocarburants risquent d'exclure les petits exploitants

Un agriculteur dans son champ de Jatropha qui sert à la production de biocarburant pour les moteurs diesel. Photo:David Gough/IRIN

26 février 2013 – Selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la structure des dispositifs de certification des biocarburants rend l'exportation difficile pour les petits agriculteurs et nombre de pays en développement.

Le rapport affirme notamment que les systèmes de certification actuels, volontaires et pour l'essentiel privés, pourraient exclure les petits exploitants, puisqu'ils sont conçus pour l'agro-industrie à grande échelle. Beaucoup de ces systèmes font un usage intensif de données et d'informations, entraînant des coûts et exigeant des capacités souvent hors de portée des petits agriculteurs.

« La certification peut avoir des effets positifs sur le secteur, notamment améliorer l'efficacité de la filière d'approvisionnement, réduire les risques, renforcer la transparence et sensibiliser aux problèmes qui touchent cette filière », affirme la FAO dans le rapport.

« Néanmoins, dans la mesure où ils servent à contrôler les importations, ces systèmes peuvent entraver les échanges et limiter l'accès aux marchés, en particulier pour les pays en développement disposant d'avantages comparatifs en termes de production, qui voient dans ce secteur une réelle occasion d'aller de l'avant et de vaincre la pauvreté rurale et les taux de chômage élevés », a ajouté l'agence onusienne.

Nombre de pays en développement craignent donc que les systèmes de certification ne deviennent indirectement des obstacles au commerce s'ils ne sont pas gérés correctement. S'il est facile pour les producteurs des pays industrialisés de se plier aux exigences de formations à offrir aux agriculteurs salariés, des impératifs de ce type peuvent être beaucoup plus difficiles à satisfaire pour les petits producteurs des pays en développement.

Pour améliorer le recours à la certification, les gouvernements et les organisations internationales des pays consommateurs et producteurs devraient, selon la FAO, instaurer des mécanismes complémentaires afin de créer un environnement porteur.

Parmi ces mécanismes pourraient figurer la législation nationale, les politiques en matière de marchés publics, les incitations fiscales, les allégements fiscaux et les aides à la création. Les institutions financières ont aussi un rôle important à jouer pour appuyer ces dispositifs.

« Une des façons de réduire les coûts pour les petits exploitants consiste à privilégier les organismes d'inspection locaux. Ceux-ci sont moins coûteux pour les producteurs, capables de conduire des contrôles inopinés et généralement mieux informés des caractéristiques des sites », a expliqué la FAO dans le rapport.


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