Conseil des droits de l'homme: Pillay lance un appel à renforcer les mécanismes de justice internationale

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

25 février 2013 – À l'ouverture de la principale session annuelle du Conseil des droits de l'homme, lundi à Genève, de hauts fonctionnaires des Nations Unies ont souligné l'importance de renforcer les mécanismes internationaux de surveillance et de prévention des violations et de tenir les auteurs pour responsables de leurs actes.

S'adressant aux membres du Conseil, la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué qu'en dépit des progrès accomplis au cours des deux dernières décennies dans les domaines de l'élimination de la violence contre les femmes et la lutte contre l'impunité pour les crimes très graves, des violations trop systématiques continuaient d'être perpétrées à travers le monde.

« Même si des progrès ont été accomplis, il faut reconnaître que le verre n'est qu'à moitié plein », a relevé Mme Pillay, soulignant les rôles déterminants que la Cour pénale internationale (CPI) et le Conseil de sécurité peuvent jouer dans la lutte contre l'impunité contre les crimes internationaux.

« Le Conseil de sécurité a jusqu'ici échoué sur le dossier de la crise en Syrie », a-t-elle rappelé, « en dépit des très nombreuses allégations de crimes et de violations généralisés ou systématiques documentées par le Haut Commissariat, la Commission internationale d'enquête sur la Syrie, les organisations de la société civile et les procédures spéciales du Conseil ».

La Haut Commissaire a également déploré l'inaction de la communauté internationale s'agissant de la Palestine et des crimes de guerre commis au Sri Lanka, en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali.

« Il faut donc continuer de renforcer le système mondial de protection des droits de l'homme et prévenir et punir autant que possible toutes les violations. Parallèlement, a-t-elle ajouté, et alors que le nombre d'acteurs de la société civile ne cesse de croître, il n'est pas tolérable que des militants des droits de l'homme ou des journalistes soient pris pour cible pour avoir été les acteurs du changement ou alerté contre les abus des droits de l'homme.

Organe intergouvernemental créé par l'Assemblée générale de l'ONU en 2006, le Conseil a pour but principal d'aborder des situations de violations de droits de l'homme et de formuler des recommandations en vue d'y remédier.

« Depuis sa création le Conseil a gagné en crédibilité, en particulier avec ses procédures spéciales, les commissions d'enquêtes internationales ou encore le mécanisme de l'Examen périodique universel. En 1993, il y avait 26 procédures spéciales thématiques ou de pays. Aujourd'hui, il y en a 48, ce qui représente 72 experts nommés par le Conseil des droits de l'homme », s'est félicité Mme Pillay.

Simultanément, le nombre d'organes conventionnels n'a cessé d'augmenter avec celui des instruments juridiques internationaux adoptés et ratifiés. Le Haut Commissariat a vu ainsi passer de 100 à plus de 1.000 aujourd'hui le nombre de ses fonctionnaires et se trouve submergé par les demandes d'assistance technique. Par conséquent, pour maintenir cette dynamique, il, a besoin de financements « réalistes et durables », a plaidé sa chef.

Également présent lors de cette séance d'ouverture, le Président de l'Assemblée générale, Vuk Jeremić, a reconnu que les propres capacités de réaction du Conseil étaient parfois mises à mal. Il a recommandé à ses membres de mettre davantage l'accent sur le respect des droits civils et politiques, mais aussi des droits économiques, sociaux et culturels, y compris le droit fondamental au développement.

Le Président a ensuite exprimé sa profonde inquiétude devant ce qui lui a paru être la tragédie humanitaire « la plus horrible du moment »: l'effusion de sang en République arabe syrienne, qui a fait plus de 70.000 morts, la plupart des civils, et plus de 860.000 réfugiés et sans doute autant de déplacés à l'intérieur de leur propre pays.

« Cela fait deux années que la communauté internationale n'arrive pas à mettre fin à ce carnage », a rappelé le Président de l'Assemblée, pour qui un processus politique est de nature à mettre fin à cette violence et de parvenir à une solution négociée. Citant Winston Churchill lors de la victoire des alliés, il a rappelé que l'État devait servir ses citoyens, et non s'en rendre maître.


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