Ban demande le soutien des Etats Membres à l'Accord-cadre pour la paix et la sécurité en RDC

De gauche à droite: le Président du Rwanda, Paul Kagame, le Président de la RDC, Joseph Kabila, le Secrétaire général Ban Ki-moon, et le Président Yoweri Museveni, de l'Ouganda, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 28 janvier 2013. Photo: ONU/Eskinder Debebe

25 février 2013 – Le Secrétaire général Ban Ki-moon a exhorté dimanche les dirigeants africains à apporter leur soutien aux plus hauts niveaux politique et diplomatique à la mise en œuvre d'un accord, signé sous l'égide des Nations Unies, visant à stabiliser la République démocratique du Congo (RDC).

« C'est mon espoir le plus sincère que l'Accord-cadre ouvrira une ère de paix et de stabilité pour les peuples de la RDC et de la région des Grands Lacs », a affirmé M. Ban lors de la cérémonie de signature, qui s'est déroulée dans la capitale de l'Éthiopie, Addis-Abeba.

Si cette signature est en soi un événement important, elle constitue seulement pour lui le début d'« une approche globale qui exigera un engagement continu.»

En signant l'Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, l'Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l'Ouganda et la Tanzanie se sont mis d'accord pour protéger la souveraineté territoriale et préserver la paix et la stabilité de la RDC, s'est félicité M. Ban. Les Nations Unies, l'Union africaine, la Conférence internationale de la région des Grands Lacs et les 14 Etats Membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) se portent garants de cet Accord-cadre. Un Envoyé spécial de l'ONU devrait être nommé sous peu pour soutenir la mise en œuvre du cadre.

Le Secrétaire général s'est dit à plusieurs reprises profondément perturbé par les violences qui ont éclaté en avril 2012 dans l'est de la RDC, lorsque le M23, un groupe rebelle formé d'anciens mutins des forces régulières, ont commencé de sévir dans la région. Des affrontements entre leurs combattants et l'armée congolaise ont déplacé près d'un million de personnes dans le Nord Kivu, tandis que 300.000 autres ont été déplacées au cours des dernières semaines par des combats dans la province du Katanga.

A l'issue de la signature, le Secrétaire général a souligné que les partenaires régionaux devaient respecter les engagements et les mécanismes de surveillance qu'ils avaient pris tout en répondant aux questions qui se posent aux niveaux national et régional.

« J'en appelle donc à votre soutien politique, technique et financier, en particulier sur le long terme, pour accompagner la mise en œuvre des engagements nationaux et régionaux définis dans l'Accord-cadre », a indiqué M. Ban.

Il a exhorté ses signataires à se réunir au moins deux fois par an, en marge du Sommet de l'Union africaine et de l'Assemblée générale des Nations Unies, en vue de réexaminer les progrès accomplis et continuer d'aller de l'avant. « Votre participation active aux mécanismes nationaux et régionaux de surveillance sera essentielle pour le succès du processus », a souligné le patron de l'ONU.

Dans un rapport spécial qui sera rendu public dans les prochains jours, le Secrétaire général présentera « une nouvelle approche globale » afin de répondre aux causes profondes du conflit en RDC et dans la région, en coopération avec tous les partenaires pertinents.

Le rapport tient compte de nombreux volets de l'Accord-cadre signé aujourd'hui et promeut le renforcement du rôle de la Mission de stabilisation des Nations Unies en RDC (MONUSCO) sur les plans politique et sécuritaire.

Au cours des derniers mois, les Etats Membres et de hauts responsables onusiens ont exprimé un soutien de plus en plus marqué à l'idée de déployer une « brigade d'intervention » dotée d'un champ d'action qui irait au-delà du traditionnel maintien de la paix. La Brigade serait formée de troupes issues de pays contributeurs et opèrerait sous l'égide commandement de la MONUSCO. La possibilité de déployer une telle unité est actuellement étudiée par le Conseil de sécurité.

Des pays de la région « ont déjà commencé de mettre en branle » une telle proposition, a assuré M. Ban, qui a expliqué qu'il s'adresserait dès son retour à New York au Conseil de sécurité, lequel devrait prendre une décision « très bientôt ». Dans la soirée de dimanche, les membres du Conseil ont fait circuler une déclaration à la presse, dans laquelle ils se félicitent de la signature de l'Accord-cadre et engagent toutes ses parties prenantes à respecter les obligations qui en découlent.

A Addis-Abeba, le Secrétaire général a eu des entretiens bilatéraux avec le Président de la RDC, Jospeh Kabila, et le Vice-Président de l'Ouganda, Edward Ssekandi. Il a également rencontré le Premier Ministre de l'Éthiopie et Président de l'Union africaine, ainsi que le Président du Mozambique et Président de la SADC, Armando Emílio Guebuza, qui est favorable au déploiement d'une brigade d'intervention au sein de la MONUSCO.

L'Accord-cadre signé aujourd'hui aurait du l'être lors du Sommet de l'Union africaine, qui s'est déroulé le 28 janvier, mais a été retardé par des « questions de procédures », a précisé le chef des Nations Unies.

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