Le HCR réclame une coopération régionale pour éviter les naufrages tragiques dans le golfe du Bengale

Cours d’eau dans l’état de Rakhine au Myanmar qui sert, comme beaucoup d’autres, de point de départ de voyage en mers périlleux. Photo: HCR/V.Tan

22 février 2013 – Le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) s'est déclaré vendredi préoccupé par le nombre croissant de personnes qui trouvent la mort dans le golfe du Bengale, notamment des Rohingya désespérés du Myanmar, et appelle les gouvernements des pays de la région à redoubler d'efforts pour éviter de nouvelles noyades.

« La plupart des victimes sont des hommes, mais nous recevons de plus en plus d'informations faisant état de femmes et d'enfants qui embarquent à bord de ces bateaux souvent impropres à la navigation et se dirigeant vers le sud. Selon nos estimations, sur les 13.000 personnes qui se trouvaient embarqués par des passeurs en 2012, près de 500 sont mortes après que leur bateau est tombé en panne ou chaviré », a indiqué le porte-parole du HCR Andrej Mahecic, lors d'un point de presse donné à Genève.

« L'Océan indien est devenu pour les personnes qui fuient leur pays l'une des zones maritimes les plus meurtrières du monde », a-t-il résumé.

Lors de la dernière tragédie en date, il y a une semaine, près de 90 personnes, vraisemblablement des Rohingya, seraient mortes de déshydratation et de faim au cours d'un voyage qui a duré près de deux mois. Plus de 30 survivants ont été secourus le week-end dernier au large des côtes est du Sri Lanka.

Peu de temps avant, en février, près de 130 personnes originaires du Myanmar et du Bangladesh ont également été secourues en mer par la marine sri-lankaise. Le HCR s'efforce d'accéder de manière indépendante auprès des survivants afin d'évaluer leur situation et leurs besoins.

« Le HCR est profondément attristé par cette nouvelle tragédie », a indiqué M. Mahecic en saluant l'action rapide de la marine sri-lankaise qui a porté secours à ce groupe et fourni des soins médicaux immédiats.

Des violences interconfessionnelles ont éclaté dans l'État de Rakhine, au Myanmar, en juin dernier. Depuis, près de 115.000 personnes, dont une majorité de Rohingya, ont été déracinées. La plupart sont toujours déplacées à l'intérieur de l'État de Rakhine, mais d'autres ont eu recours à des passeurs pour les aider à fuir leur pays.

« Nous exhortons les États à s'accorder sur des protocoles sur le débarquement sûr et rapide des passagers secourus et sur la fourniture d'une assistance humanitaire d'urgence. Des mécanismes doivent être mis en place pour évaluer les besoins des différents groupes, y compris l'accès au HCR de ceux qui ont besoin d'une protection internationale et pour leur trouver des solutions », a déclaré M. Mahecic.

Pour faciliter ce processus, le HCR lancera des discussions entre gouvernements et organisations internationales concernés lors d'une réunion régionale sur les mouvements irréguliers par la mer qui se tiendra à Djakarta, en mars.


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