Myanmar : un expert de l'ONU salue les réformes, mais rappelle les défis qui subsistent

Le Rapporteur spécial Tomás Ojea Quintana avec des enfants lors d'une visite au Myanmar en 2008.

20 février 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a salué mercredi les réformes politiques entreprises au Myanmar en ajoutant que plusieurs questions liées au respect des droits de l'homme y demeuraient sans réponse, particulièrement dans les états de Rakhine et de Kachin, où la violence a contraint des milliers de personnes à fuir.

« Les réformes au Myanmar se poursuivent, ce qui est un signe positif pour le respect des droits humains dans le pays », a déclaré M. Quintana suite à sa dernière mission en date au Myanmar. Selon lui cependant, il reste « des lacunes considérables à combler ».

M. Quintana a notamment appelé les autorités à répondre aux questions de justice et de responsabilité en créant une commission d'établissement des faits, qui serait l'élément central d'un processus de réconciliation national capable de prévenir de nouvelles violations des droits de l'homme à l'avenir.

Lors d'un déplacement de cinq jours dans le pays récemment, le Rapporteur spécial s'est rendu à Naypyitaw, Yangon, Kachin et Rakhine, où il a rencontré des représentants du gouvernement, de la Commission nationale des droits de l'homme, de la société civile ainsi que d'anciens prisonniers politiques.

M. Quintana a exprimé sur place sa vive préoccupation devant l'escalade du conflit militaire à Kachin, où près de 75.000 personnes ont du fuir leurs foyers depuis le début des hostilités entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles armés en juin 2011.

« La présence militaire importante, qui dépasse les limites prévues par les mécanismes de responsabilisation, est à l'origine d'un grand nombre de violations dans la région », a noté le Rapporteur spécial en précisant que la résolution du conflit exige d'inclure davantage les minorités ethniques dans les efforts de reconstruction nationale.

S'agissant de l'État de Rakhine, où de nombreux affrontements se sont produits entre bouddhistes et musulmans rohingya, provoquant le déplacement de près de 115.000 personnes, M. Quintana a prévenu des risques que la violence pourrait s'étendre à d'autres régions et menacer le processus de réformes en cours.

Il est donc crucial, a-t-il dit, de remédier au manque de confiance mutuel entre les communautés par la promotion du dialogue et des initiatives de réconciliation.

« Les faits doivent être établis et les responsables de violations répondre de leurs actes. J'espère que la Commission d'enquête établie par le Président du Myanmar y contribuera dans son prochain rapport », a souhaité M. Quintana.


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