La crise en Syrie et la menace climatique, parmi les défis les plus urgents du moment, prévient Ban

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Photo: ONU/Rick Bajornas

11 février 2013 – Lors d'une intervention devant un think tank, le Secrétaire général Ban Ki-moon a évoqué lundi soir ses deux plus grandes préoccupations du moment, à savoir l'« autodestruction » dans laquelle est engagée à ses yeux la Syrie et la menace d'une catastrophe climatique, appelant la communauté internationale à se mobiliser.

M. Ban a déclaré que dans les deux cas, celle-ci n'assumait pas ses responsabilités. Il a tenu ces propos devant le Conseil des relations étrangères, basé à New York, lors d'un évènement modéré par la présentatrice d'ABC, Christiane Amanpour.

« L'Histoire jugera d'elle-même si ces deux tendances se poursuivent. Et les deux situations exigent une action collective dans laquelle les États-Unis doivent s'impliquer », a affirmé M. Ban dans son allocution, au cours de laquelle il a annoncé son intention de se rendre à Washington dans la semaine pour des pourparlers avec le Secrétaire d'état américain John Kerry et d'autres responsables gouvernementaux.

Après près de deux ans de conflit en Syrie, qui ont fait plus de 60.000 morts, les jours ne se comptent plus en heures mais en victimes, a-t-il lancé. « Les destructions sont systématiques. La Syrie est déchirée, dépecée. La crise politique a débouché sur une urgence humanitaire. Quatre millions de personnes – soit un Syrien sur cinq – ont besoin d'une assistance immédiate. »

« La situation exige une action immédiate du Conseil de sécurité », a poursuivi M. Ban, qui estime que cet organe chargé de la paix et de la sécurité internationales ne peut plus rester en marge, dans l'impasse et en train de « contempler en silence le massacre. Il doit s'efforcer de faire preuve d'unité et d'établir des paramètres pour une transition démocratique qui pourrait sauver la Syrie. »

Exhortant le Conseil et les autorités syriennes à répondre favorablement à l'offre de pourparlers faite par le leader de l'opposition Moaz al Khatib au gouvernement de Bachar Al-Assad, le Secrétaire général a déclaré : « Nous devons trouver le chemin des négociations […] pour prendre les décisions les plus importantes pour l'avenir du pays. »

À la lumière des derniers développements dans le monde arabe, il a toutefois prévenu que les « peuples veulent un changement réel, pas des ajustements cosmétiques ou consentis avec réticence ». Selon lui, « les troubles qui agitent actuellement l'Égypte et la Tunisie ne sauraient être vus comme la preuve que l'ordre ancien était préférable au nouveau. »

Une issue positive à de tels changements exige un engagement patient et rigoureux, a plaidé le Secrétaire général. « La communauté internationale a le devoir d'accompagner ces transitions de contributions significatives. »

Évoquant ensuite ce qu'il a appelé « la menace émergente des changements climatiques », il a relevé que les scientifiques avaient depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme et souligné les conséquences potentielles désormais bien connues, notamment une spirale mondiale de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes, de migrations climatiques ou encore de différends au sujet de ressources naturelles en voie de raréfaction.

En dépit de ces scénarios terrifiants, a-t-il dit, « trop de dirigeants semblent se contenter de garder la question des changements climatiques à distance respectable. Ils sont trop peu nombreux à inscrire la lutte contre cette menace au centre d'une gestion sécuritaire, économique et financière collective. »

« Il est temps d'aller au-delà des énormes sommes d'argent promises jusqu'à présent pour améliorer la situation et de consentir les investissements susceptibles de se rentabiliser très rapidement », a affirmé le patron de l'ONU, en notant le potentiel des énergies renouvelables pour y parvenir.

« Un accord mondial sur les changements climatiques fourniraient le cadre idéal dont nous avons besoin pour nous engager de manière décisive sur cette voie », a-t-il ajouté, saluant le Président Barack Obama pour sa résolution à relever le défi et à en faire sa plus haute priorité politique.

Appelant responsables gouvernementaux et chefs d'entreprise à se mobiliser en faveur d'un tel accord d'ici à 2015, le Secrétaire général a rappelé que les dirigeants du monde avaient promis de parvenir à un accord et qu'il fallait les rappeler à cette promesse ».

Les exhortant à s'appuyer davantage sur les Nations Unies pour relever les défis urgents auxquels le monde fait face, Ban Ki-moon a prévenu toutefois que « l'ingénierie internationale ne fonctionne pas toute seule. Les outils exigent des opérateurs. »

« Nous avons besoins de dirigeants nationaux qui pensent globalement. Nous avons besoin d'un sens plus affirmé des responsabilités collectives. Et nous avons besoin des États-Unis », a-t-il conclu.


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