Des experts des Nations Unies exhortent l'Iran à libérer des opposants politiques

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

11 février 2013 – Des experts des Nations Unies ont appelé lundi l'Iran à libérer immédiatement deux figures de l'opposition politique et des membres de leurs familles assignés à résidence, ainsi que des centaines d'autres prisonniers d'opinion, alors que des élections présidentielles doivent se tenir en juin 2013.

« J'exhorte le gouvernement iranien à libérer immédiatement et sans conditions les deux figures de l'opposition et les membres de leurs familles et à mettre fin à toutes les restrictions à leurs mouvements et à leurs activités », déclare le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, dans un communiqué de presse.

Les anciens candidats à la présidence Mehdi Karoubi and Mir Hossein Mousavi, ainsi que la femme de ce dernier, Zahra Rahnavard, sont actuellement détenus dans un lieu tenu secret depuis février 2011. Ils avaient été arrêtés au lendemain d'un rassemblement autorisé pour avoir témoigné leur solidarité avec les manifestants du square Tahrir, en Égypte. En outre, les filles de M. Mousavi seraient également détenues après s'être élevées contre l'assignation à résidence de leurs parents.

M. Shaheed a rappelé que, en tant que partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le gouvernement iranien est tenu de garantir les libertés civiles de tous ses citoyens, y compris le droit d'être protégé de la détention arbitraire, celui d'être informé de tous les chefs d'inculpation pesant contre eux et celui de se voir donner un accès à un avocat et de répondre de leurs actes devant un tribunal indépendant et impartial.

Se joignant à cet appel, le Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d'association pacifiques, Maina Kiai, a également rappelé aux autorités iraniennes leurs obligations internationales de garantir le libre exercice de ce droit.

« Composante essentielle de la démocratie, il est d'autant plus pertinent dans le contexte des élections présidentielles à venir, qui doivent se tenir en juin », a ajouté cet expert.

« Il est de la plus haute importance que les membres de la société civile, notamment les médias et militants des droits de l'homme, ainsi que les activistes politiques, puissent bénéficier d'un espace aussi vaste que possible pour exercer ces droits. »

Les Rapporteurs spéciaux ont de nouveau encouragé Téhéran à libérer des centaines d'autres prisonniers d'opinion détenus « pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la libre expression ou à la réunion et à l'association pacifiques ».

La dernière élection présidentielle, qui remonte à 2009, a été marquée par une série de manifestations massives en faveur des deux figures de l'opposition aujourd'hui en détention.

M. Shaheed a souligné la nécessité pour le gouvernement de veiller au déroulement pacifique de ce scrutin et de garantir le droit de tous les Iraniens à participer librement au processus démocratique.

« J'appelle le gouvernement à faciliter un environnement transparent et ouvert pour l'élection en libérant les dirigeants et en permettant aux médias de faire leur travail, avec efficacité et indépendance, sans qu'ils soient harcelés, menacés ou arrêtés », a-t-il déclaré. « Des restrictions incessantes de la sorte remettent en question le caractère inclusif et l'équité des futures élections présidentielles. »


News Tracker: autres dépêches sur la question

Des experts de l'ONU exhortent l'Iran à cesser de persécuter des journalistes indépendants

En savoir plus



Coup de projecteur