Guinée-Bissau : des progrès politiques sur fond d'impunité et d'insécurité, s'inquiète l'ONU

Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques des Nations Unies, Taye-Brook Zerihoun. Photo: ONU/Ryan Brown

6 février 2013 – Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques des Nations Unies, Taye-Brook Zerihoun, a indiqué que des progrès politiques avaient été accomplis dans ce pays au cours du mois dernier, malgré la persistance l'impunité et l'insécurité.

« Suite à la réunion de son comité central le 13 janvier 2013, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a décidé de signer le Pacte de transition politique et l'Accord politique entre la junte et 17 partis politiques », a indiqué M. Zerihoun aux membres du Conseil de sécurité.

« Parallèlement, le 17 janvier, le PAIGC et quatre autres partis politiques ont également signé ces instruments de transition qu'ils avaient rejetés en mai 2002. Depuis, le PAIGC a demandé au Président de la transition, Serifo Nhamadjo, et à la communauté internationale de faciliter rapidement la formation d'un gouvernement de transition inclusif émanant du Parlement » a-t-il ajouté.

Malgré ces réalisations, des défis persistent, dont l'impunité qui reste un des principaux problèmes. La population vit dans la peur en raison des récentes tentatives d'intimidation d'attaques ou d'actes de torture, qui restreignent les libertés de réunion et d'expression. Depuis l'attaque contre la base aérienne de Bissalanca, le 21 octobre dernier, aucune des personnes impliquées dans les assassinats ou les tabassages n'a encore été traduite en justice.

Au niveau régional, après leur sommet extraordinaire d'Abidjan en janvier 2013, les Chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont engagés à accompagner le processus de transition de la Guinée-Bissau, y compris les réformes multisectorielles nécessaires de toute urgence et la tenue d'élections libres, justes et transparentes, au terme de la transition.

Les Chefs d'État de la CEDEAO ont invité le Président de la Commission de la CEDEAO à prendre toutes les mesures appropriées pour accélérer la mise en œuvre du programme de réforme des secteurs de la défense et de la sécurité, a relevé M. Zerihoun. Ils ont aussi appelé l'Union africaine à examiner d'urgence la possibilité de reconnaître le régime de transition et de lever les sanctions contre la Guinée-Bissau. De même, ils ont exhorté la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), l'Union européenne, l'ONU et les autres partenaires internationaux à reprendre leur coopération avec la Guinée-Bissau.

M. Zerihoun a affirmé que le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans le pays (BINUGBIS), José Ramos-Horta, prendrait ses fonctions à Bissau dans les prochains jours et qu'il avait déjà entamé des consultations avec des membres de la CPLC et la CEDEAO et d'autres parties concernées. Celui-ci procédera aussi à une évaluation de la situation et formulera, en collaboration avec l'équipe de pays de l'ONU, des propositions concernant le mandat de la BINUGBIS.

« L'absence de contrôle civil sur les forces de sécurité et de défense et les tentatives persistantes de certains politiciens de manipuler les militaires à des fins sectaires menacent le fonctionnement des institutions étatiques et demeurent des sources de grandes inquiétudes », a estimé M. Zerihoun en ajoutant qu'il était « urgent de modifier radicalement la manière dont la politique est conduite dans ce pays et de parvenir à une reforme des secteurs de la défense, de la sécurité et de la justice ».


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