Un responsable de l'ONU défend une approche multidimensionnelle contre les discours de haine

Adama Dieng, le Conseiller spécial pour la prévention du génocide.ONU Photo/Rick Bajornas

1 février 2013 – Le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a rappelé vendredi qu'une approche multidimensionnelle était nécessaire pour mieux lutter contre les discours et les appels à la haine qui pourraient inciter au génocide, tout en protégeant la liberté d'expression.

« Il est important de trouver un équilibre entre le principe de la liberté d'expression et la nécessité d'empêcher et de mettre fin aux formes les plus extrêmes d'incitation à la haine, c'est-à-dire celles qui ont le potentiel d'encourager des violences à grande échelle », a déclaré M. Dieng lors de sa participation à une table ronde sur ce sujet à New York.

Parmi les autres participants au panel se trouvait le Représentant permanent de la Norvège, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, ainsi que plusieurs universitaires et experts de la société civile.

Les questions discutées à cette occasion sont toujours d'actualité, en raison du rôle joué par les discours et les incitations à la haine dans les atrocités commises au Rwanda en 1994 et dans les anciennes républiques yougoslaves dans la seconde moitié des années 90 et, pas plus tard que l'an dernier, dans les violences suscitées par la diffusion sur Internet d'un film islamophobe.

Pour le Conseiller spécial, mettre en place une approche multidimensionnelle efficace suppose non seulement pour les pays de se doter d'une législation adaptée, mais aussi de lutter contre les causes profondes de la haine, dont le racisme et la discrimination, par le renforcement du dialogue et de l'éducation, ainsi que par l'adoption de mesures d'alerte précoce quant à l'apparition de foyers de haine, notamment dans les nouveaux médias et réseaux sociaux.

M. Dieng, qui était auparavant le greffier du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a affirmé qu'il a personnellement été témoin du rôle de ces discours dans l'incitation aux atrocités, mais également du rôle de la prévention pour désamorcer un tel processus.

Il a souligné que l'interdiction par la loi de certains propos devait être une mesure ultime et exceptionnelle, puisque « l'incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse se produit généralement dans des circonstances hors du commun ».

« Nous devons définir plus clairement ce qui constitue une incitation à des crimes atroces pour mieux la combattre. Cela est essentiel pour empêcher les violence de masse », a plaidé le Conseiller spécial.


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