Un expert de l'ONU exhorte le gouvernement espagnol à renforcer la lutte contre le racisme et la xénophobie

Mutuma Ruteere, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée. Photo: ONU/Evan Schneider

28 janvier 2013 – Dans le contexte économique difficile actuellement, le Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, Mutuma Ruteere, a exhorté lundi les autorités espagnoles à renforcer la lutte contre ces fléaux pour éviter que les groupes vulnérables tels que les immigrés ne servent pas de boucs émissaires.

« Il est très important que l'Espagne renforce de façon prioritaire la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée », a déclaré M. Ruteere dans un communiqué de presse publié à la fin d'une mission de huit jours dans le pays.

L'expert indépendant de l'ONU a reconnu que la crise économique met le gouvernement et la société espagnole sous pression, mais cela ne justifie pas de renverser le progrès réalisés depuis des années dans la lutte contre le racisme et la xénophobie.

« Il existe déjà une dynamique que le gouvernement devrait prendre sérieusement en compte afin d'éviter une détérioration supplémentaire de la situation en Espagne », a affirmé M. Ruteere, en rappelant qu'il y a déjà eu plusieurs incident où des groupes vulnérables tels que des migrants ou des demandeurs d'asile ont été pris pour cible.

« La stigmatisation de certains groupes, dont les migrants, et la propagation du préjudice racial et des stéréotypes négatifs par les médias a également été signalée. Il faut redoubler d'efforts pour éviter de présenter une mauvaise image des migrants dans les médias », a-t-il ajouté.

L'expert a également demandé une attention accrue sur la situation des migrants et des demandeurs d'asile dans les enclaves espagnoles en Afrique du nord, Ceuta et Melilla, où ces derniers doivent attendre longtemps le traitement de leur demande d'asile, ainsi que pour les droits des travailleurs migrants qui travaillent dans le secteur agricole, et particulièrement les femmes qui sont souvent exposées à la violence sexuelle.

« Ces situations sont inacceptables et l'Espagne devrait trouver une solution pour les victimes. À cet égard, il est important d'assurer que les victimes aient accès à l'information, à de réelles consultations, et une participation efficace », a indiqué M. Ruteere.


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