La CNUCED confirme le déclin des investissements directs étrangers dans le monde en 2012

Le Directeur de la Division des investissements et des entreprises à la CNUCED, James Zhan. Photo: CNUCED

23 janvier 2013 – Le flux des investissements directs étrangers (IDE) a plongé de 18% en 2012 en raison de la persistance de l'incertitude chez les investisseurs devant la faiblesse des politiques macroéconomiques et des taux de croissance, conclut la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) dans un rapport publié mercredi.

Parmi les risques invoqués, figurent des problèmes d'ordre politique, dont le blocage budgétaire et fiscal aux États-Unis, la crise de la zone euro, ainsi que des changements de gouvernements dans plusieurs économies importantes du monde.

Le rapport révèle cependant que les flux d'IDE vers les économies en développement se sont maintenus en 2012, dépassant de 130 milliards de dollars ceux consentis dans les économies développées.

En Amérique latine et aux Caraïbes, l'IDE connu une croissance positive au cours de l'année écoulée. C'est dans le sous-continent que la croissance la plus forte a été observée, grâce à de bons résultats économiques qui continuent d'exercer un attrait sur les investisseurs, notamment dans les industries minières du Chili, du Pérou et de la Colombie.

Les flux d'IDE ont également augmenté en Afrique en 2012, le nord du continent ayant inversé la tendance négative de 2011, grâce notamment aux investissements européens.

Dans les économies développées, en revanche, les flux d'IDE ont chuté à leurs niveaux les plus bas depuis une décennie : 90% de la régression des investissements dans le monde sont observés dans les pays développés, principalement en Amérique du Nord et en Europe. Les IDE ont été réduits de moitié dans les pays du sud de l'Europe, particulièrement affectés par la crise, dont la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne.

S'agissant des opérations de fusion et d'acquisition transfrontières, le rapport de la CNUCED indique qu'elles ont diminué de 41% en 2012, leur niveau le plus faible depuis 2009. Cela serait principalement du au manque de confiance qu'inspirent les marchés des pays développés.

Cependant, la CNUCED prévoit une légère reprise en 2013 et 2014, au rythme de celle, attendue, de l'économie mondiale, même si des risques considérables persistent, notamment concernant les faiblesses structurelles des grandes économies développées.

« La reprise des IDE est un processus semé d'embûches. Si les IDE sont restés vigoureux dans les pays en développement, les investissements qui contribuent à la création d'emplois et améliorent les capacités de production sont toujours absolument nécessaires. La promotion des IDE pour le développement durable reste donc toujours un défi », affirme le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi.


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