Pillay: la condamnation d'un journaliste, un revers pour le respect des droits humains en Thaïlande

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. ONU Photo/ Jean-Marc Ferré

23 janvier 2013 – La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a exprimé mercredi sa vive préoccupation devant la condamnation excessivement sévère d'un éditeur et militant de premier plan en Thaïlande. Navi Pillay estime qu'il s'agit d'un sérieux revers pour la protection et la promotion des droits de l'homme dans ce pays.

Somyot Pruksakasemsuk a été condamné pour des infractions de « lèse-majesté » après avoir publié, dans son magazine Voice of Takshin, deux articles jugés critiques envers la monarchie. Il a été condamné à 11 ans de prison pour avoir enfreint l'article 112 du code pénal thaïlandais, qui stipule que « celui qui diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier au trône, ou le régent, encourt une peine de prison de trois à quinze ans ».

« Cette condamnation d'une sévérité extrême est mauvais signe pour la liberté d'expression en Thaïlande. Elle est la plus récente indication, dans ce pays, d'une tendance inquiétante au recours aux accusations de lèse-majesté à des fins politiques », a dénoncé Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« Je salue et soutiens les efforts de certains parlementaires et d'universitaires qui proposent des amendements à l'article 112 afin de répondre aux préoccupations portant sur l'application de la loi », a-t-elle ajouté.

La Haut Commissaire a également critiqué la durée de la détention provisoire de M. Somyot, dont la mise en liberté sous caution a été refusée pas moins de 12 fois.

« Je suis perturbée par le fait que la liberté sous caution a été refusée à M. Somyot et qu'il a été présenté au tribunal à plusieurs reprises avec des fers aux pieds tel un dangereux criminel », a indiqué Mme Pillay. « Les personnes qui exercent leur liberté d'expression ne devraient même pas être punis ».

Le 30 août 2012, un groupe de travail de l'ONU a conclu que la détention de M. Somyot était arbitraire et demandé au gouvernement thaïlandais de prendre les mesures nécessaires pour « libérer Somyot Pruksakasemsuk et lui accorder des moyens exécutoires d'obtenir ses droits à la compensation », conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Thaïlande est partie.

« Les militants, journalistes et universitaires ont un rôle important à jouer dans la formation d'une culture des droits de l'homme en Thaïlande », a rappelé Mme Pillay. « Cela a des répercussions positives sur toute la société thaïlandaise, mais un cas comme celui de M. Somyot risque d'inverser les progrès importants réalisés jusqu'à présent ».


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