Pour Ban, il faut en finir avec la «tyrannie du statu quo» pour faire de véritables progrès en 2013

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Photo ONU/Rick Bajornas

22 janvier 2013 – Soulignant la nécessité de rompre avec la « routine », le Secrétaire général de l'ONU a appelé mardi à des actions innovantes afin de relever les nombreux défis auxquels fait face le monde et réaliser les objectifs communs de développement durable, de désarmement et de résolution des conflits que la communauté internationale s'est fixés.

« Mon espoir le plus sincère – et notre exigence commune la plus urgente – c'est que nous pouvons cesser de passer d'une crise à l'autre, d'un symptôme à un autre, pour nous pencher plutôt sur les causes profondes et les relations sous-jacentes et reconnaître les faiblesses de plusieurs de nos approches », a déclaré Ban Ki-moon aux États Membres de l'Assemblée générale.

Dans sa première adresse de l'année à l'organe le plus représentatif des Nations Unies, M. Ban a fait observer que, trop souvent, les gouvernements et l'ingénierie internationale sont en « pilotage automatique ».

« Les problèmes qui se posent restent dans leurs cases respectives, des tendances inquiétantes s'installent sur la durée, et tout cela parce que 'c'est ainsi qu'on fait les choses' ou parce que le changement véritable est considéré comme coûteux ou irréaliste ou que des intérêts de longue date font obstacle à la machinerie législative », a-t-il dénoncé.

« L'heure n'est plus à la routine », a tranché le Secrétaire général. « Pour façonner l'avenir que nous voulons, nous devons réfléchir et agir de manière nouvelle et différente. Nous devons faire sauter un obstacle à notre progrès commun : la tyrannie du statu quo. »

C'est particulièrement vrai des bouleversements et de l'incertitude auxquels est en proie le monde d'aujourd'hui, a poursuivi M. Ban, pour qui « des conflits armés en Afrique et au Moyen-Orient aux situations de détresses économique et environnementale qui se multiplient sur la planète, nous sommes mis à l'épreuve chaque minute de chaque jour. »

Il y a exactement un an, le Secrétaire général avait identifié cinq domaines dans lesquels les besoins étaient considérables et l'action collective pouvait faire une réelle différence : le développement durable, la prévention, le soutien aux nations en transition, l'édification d'un monde plus sûr ; et l'autonomisation des femmes et des jeunes.

Ces impératifs, ou « opportunités générationnelles », dérivent des huit priorités que l'Assemblée générale a fixées pour les Nations Unies : le développement durable, la paix et la sécurité, l'assistance humanitaire, le désarmement, la justice, le développement de l'Afrique, la lutte contre le trafic de stupéfiants et la prévention de la criminalité, et la lutte contre le terrorisme.

Dressant un bilan des réalisations accomplies dans certains de ces domaines, le Secrétaire général s'est déclaré « encouragé », mais loin d'être satisfait. « Les exigences de notre époque, les pressions exercées sur notre planète, les souffrances endurées par les peuples au service desquels nous sommes – tout ceci exige de faire mieux en 2013 », a-t-il estimé.

Pour commencer, M. Ban a appelé les États Membres à faire preuve de générosité lors de la Conférence humanitaire sur la Syrie qui se tiendra mercredi prochain au Koweït.

« Nous devons faire tout notre possible pour venir en aide aux Syriens en détresse. Nous devons redoubler d'efforts pour mettre fin aux violences par l'entremise de la diplomatie, en surmontant les divisions au sein même de la Syrie, mais aussi de la région et du Conseil de sécurité », a-t-il affirmé, en ajoutant que cette crise figurait avait provoqué l'un des pires afflux de réfugiés depuis celle du Kosovo, il y a 13 ans.

Le conflit en Syrie, qui a éclaté en mars 2011, a fait plus de 60.000 victimes et laissé dans le dénuement quatre millions de personnes à l'intérieur même du pays, dont la moitié est constituée de déplacés. En outre, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime à 650.000 le nombre de réfugiés dans les pays voisins, en Afrique du Nord et en Europe.

D'autres déplacements à grande échelle ont été observés dans la région africaine du Sahel et au Mali, dont le nord est passé sous le contrôle de groupes islamistes armés début 2012, avec des répercussions régionales et internationales considérables, a noté le patron de l'ONU.

« Dans le cadre de notre coopération avec des partenaires africains et internationaux, nous devons assumer notre responsabilité d'aider pleinement le Mali à rétablir son ordre constitutionnel et son intégrité territoriale. Parallèlement, nous devons continuer d'œuvrer à une stratégie intégrée pour la région du Sahel englobant les problématiques d'extrémisme, de pauvreté et de sécheresse et de bonne gouvernance à l'origine d'une misère si profonde et d'une telle insécurité. »

En 2013, il est également nécessaire, a plaidé le Secrétaire général, de « reconsidérer notre approche » à la situation qui prévaut en République démocratique du Congo (RDC), de préserver la solution à deux États et le processus de paix israélo-palestinien, de promouvoir davantage le principe de 'responsabilité de protéger' en cas de crimes de masse ou d'incitation à les commettre, mais aussi faire prévaloir la notion d'état de droit s'agissant du désarmement et de la non-prolifération.

Cette année verra aussi une action résolue pour relever le défi « primordial » du développement durable, ainsi que pour relancer les campagnes contre les violences basées sur l'orientation sexuelles et mettre fin à la violence contre les femmes.

«Cette Organisation a un solide bilan », a estimé M. Ban. « Le personnel des Nations Unies à travers le monde continue de s'acquitter de ses fonctions avec héroïsme, souvent dans des circonstances très difficiles. Mais nous devons faire encore davantage pour sauver des vies, une tâche qui est au cœur même de notre mandat.

« C'est notre avenir même que nous devons sauvegarder », a-t-il ajouté. « Faisons de l'année qui s'ouvre une année au cours de laquelle nous saurons surmonter la désunion et ne pas nous en tenir au plus petit dénominateur commun pour montrer que de bonnes solutions adoptées au niveau international sont dans l'intérêt des nations. »


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