La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés condamne l'utilisation d'enfants-soldats en RCA

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui. Photo: ONU/Eskinder Debebe

21 janvier 2013 – La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a exprimé lundi sa déception devant la poursuite du recrutement d'enfants-soldats par des groupes armés opérant en République centrafricaine malgré leur engagement de mettre fin à ces pratiques.

Selon Mme Zerrougui, ces groupes armés font partie de l'alliance rebelle connue sous le nom de « Séléka », qui comprend la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), accusée d'avoir recruté des enfants au cours des derniers jours.

« Le recrutement d'enfant est une violation flagrante des engagements pris par la CPJP et l'UFDR et cela doit cesser immédiatement », s'est élevée Mme Zerrougui dans un communiqué de presse.

En novembre 2011, la CPJP a signé un plan d'action de l'ONU pour mettre fin au recrutement d'enfants, conformément à la résolution 1612 du Conseil de sécurité. Pour sa part, l'UFDR s'était engagée à deux reprises à libérer les enfants de ses rangs, en 2007 et en 2011.

Ces informations font suite à une autre violation du Plan d'action de la CPJP, qui avait refusé de relâcher deux filles lors d'un incident à Aigbando le 7 décembre.

« Les mêmes acteurs ont violé les droits des enfants en toute impunité depuis trop longtemps. Nous continuerons de surveiller la situation et si aucun progrès n'est réalisé, nous solliciterons le Conseil de sécurité sur cette question », a souligné Mme Zerrougui.

D'après l'UNICEF, près de 2.500 enfants sont enrôlés dans des groupes armés, y compris des groupes d'autodéfense, en République centrafricaine.

Mme Zerrougui a également exprimé sa préoccupation devant le degré d'engagement du gouvernement centrafricain à protéger les enfants, après l'intrusion d'éléments des forces de sécurité dans un centre d'accueil pour enfants à Bangui le mois dernier. Soixante-quatre ex-enfants-soldats y avaient été arrêtés sous prétexte de faire partie des groupes rebelles. Les enfants ont depuis été relâchés et placés dans un centre de transit.

Le gouvernement aurait aussi mobilisé et armé des adolescents à Bangui afin de les faire participer à la lutte contre les groupes armés aux côtés des milices progouvernementales.

« Ces faits sont inacceptables », a affirmé Mme Zerrougui. « Le recrutement d'enfants est une violation grave. Les enfants séparés des forces ou groupes armés sont des victimes et non des criminels et doivent être traités en tant que tels. J'exhorte le gouvernement à assumer à l'avenir ses responsabilités en matière de protection des enfants et à ne pas inciter à la violence ».


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