À l'Université de Stanford, le Secrétaire général montre la voie à suivre dans un monde en pleine transition

Le Secrétaire général Ban Ki-moon prononce une allocution à l’Université de Stanford à Palo Alto, en Californie. Photo: ONU/Rick Bajornas

18 janvier 2013 – Le monde est soumis à des changements considérables dans les sphères économique, politique et de développement, a déclaré jeudi soir le Secrétaire général Ban Ki-moon lors d'une conférence donnée à l'Université de Stanford, en Californie, au cours de laquelle il a présenté trois directions à suivre dans le cadre de ce qu'il appelle lui-même la « Grande transition ».

« Au cours de l'histoire, il a été dit que le monde ne cessait de changer. Mais l'ampleur des changements auxquels nous assistons aujourd'hui n'a pas de précédent dans ma vie adulte. J'appelle cette période la Grande transition », a expliqué M. Ban au public du campus de Palo Alto.

Dans son allocution, intitulée « Les Nations Unies dans un monde en transition », le Secrétaire général a relevé les trois dimensions fondamentales à cette transition : économique tout d'abord, avec la montée en puissance de la région Asie-Pacifique.

La transition est également liée à la recherche d'un développement plus durable pour les peuples et la planète. Elle est enfin politique, dans la mesure où les bouleversements qui se sont produits dans le monde arabe et au-delà sont porteurs de nouveaux espoirs dans des pays longtemps marqués par une absence totale de démocratie.

« Je suis convaincu qu'une opportunité unique nous est offerte. Parce que les changements auxquels nous faisons face sont si profonds – les décisions que nous prenons auront un impact plus profond et durable peut-être que n'importe laquelle de celles que nous avons prises au cours des décennies écoulées », a assuré le Secrétaire général, pour qui il n'y a plus de temps à perdre.

Il a souligné les trois moyens essentiels de naviguer dans les eaux de cette Grande transition : en promouvant de manière concrète le développement durable ; en aidant les peuples à réaliser leurs aspirations à la démocratie et à la dignité ; et en autonomisant les femmes et les jeunes.

S'agissant du développement durable, M. Ban a rappelé qu'au cours des 20 prochaines années, le monde aura besoin d'au moins 50% de nourriture en plus, mais aussi de 45% d'énergie et de 30% d'eau.

« Au rythme actuel, nous aurons bientôt besoin de deux planètes Terre. Mais nous en avons seulement une. Il ne peut y avoir de plan B parce qu'il n'y a pas de planète B. A la fois la science et l'économie nous dictent de changer de direction – et le plus rapidement possible. »

Pour le Secrétaire général, en tant que huitième puissance économique mondiale, la Californie a un rôle éminent à jouer dans ce contexte. « Votre état, qui est pionnier dans le domaine de la législation sur l'air propre, a récemment fait entrer en vigueur une loi unique sur la taxe carbone afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je suis convaincu que les actions lancées au niveau local et national peuvent accélérer les progrès dans les négociations en cours au niveau international, en créant un cycle vertueux, qui peut nous aider à réaliser notre objectif d'un accord juridiquement contraignant d'ici à 2015. Il s'agit de la voie vers un avenir plus viable. »

Tout en œuvrant à l'avènement du développement durable, il est également vital de s'efforcer d'atteindre la paix durable, a ensuite souligné le Secrétaire général, en évoquant notamment le conflit tragique en cours en Syrie.

« Nous avons vu la tragédie se dérouler en direct sur nos écrans de télévision. Des quartiers ont été rasés. Des hôpitaux détruits. Et cette semaine, une université frappée par un attentat. La Syrie s'enfonce dans une spirale meurtrière. Plus de 60.000 personnes ont perdu tragiquement la vie dans une effusion de sang qui entre dans sa troisième année. »

Le Chef de l'ONU a déploré les contraintes auxquelles se heurte l'Organisation dans le cadre de ses opérations humanitaires dans ce pays, où les violences n'ont cessé de s'intensifier depuis le soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad en mars 2011.

L'appel humanitaire n'a été jusqu'à présent financé qu'à hauteur de 50%, tandis que l'accès aux populations en détresse continue d'être un problème pour les Nations Unies et ses partenaires humanitaires et que les efforts diplomatiques déployés dans l'espoir de résoudre la crise syrienne n'ont pas encore porté les fruits espérés.

M. Ban a également parlé des efforts en cours pour aider le Mali à lutter contre le terrorisme et rétablir l'ordre constitutionnel, ainsi que pour garantir la paix, la justice et le respect des droits de l'homme dans le monde arabe et au-delà.

« Les gains durement acquis ne doivent pas être dilapidés, en particulier pour les femmes et les jeunes », a-t-il prévenu, soulignant la nécessité de puiser dans le vivier des femmes et des jeunes, injustement négligé.

Le Secrétaire général a également fait référence au combat à mener pour réaliser les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres dans le monde, expliquant que « l'expansion des frontières des opportunités et des droits de l'homme exigent parfois d'élargir les frontières de notre propre compréhension. »

Cette période de Grande transition est également une période de grandes opportunités, selon le chef de l'ONU. « Et je crois qu'avec votre aide et votre soutien, les Nations Unies et la communauté internationale peuvent et doivent s'engager davantage en ce sens », a-t-il affirmé.

Dans l'auditoire, se trouvait Libba Patterson, la femme, âgée aujourd'hui de 95 ans, qui avait accueilli M. Ban en 1962 pendant son séjour à Novato, près de San Francisco, lorsqu'il était étudiant dans le cadre d'un programme d'échange avec la République de Corée.

À Stanford, le Secrétaire général devait également rencontrer vendredi l'ancienne Secrétaire d'État américaine, Condoleeza Rice, et l'ancien Secrétaire à la défense, William Perry. Il conclura son déplacement sur la côte Ouest demain par un discours à l'Institut des études internationales de Monterey.

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