2013, un tournant important pour la Côte d'Ivoire, selon le Représentant spécial Koenders

Le Représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders. Photo ONU/Evan Schneider

17 janvier 2013 – « Sous la direction résolue du Président Ouattara, la Côte d'Ivoire fait des progrès encourageants vers la croissance économique, la paix et la stabilité », a assuré ce matin le Représentant spécial du Secrétaire général Bert Koenders, venu présenter au Conseil de sécurité la situation au cours des six derniers mois dans ce pays, qui se trouve selon lui « à un tournant important ».

La plupart des dirigeants et une majorité de la population veulent désormais tourner la page et aller de l'avant, a affirmé M. Koenders, qui n'en a pas moins rappelé que, dix-huit mois après la crise postélectorale, cette nation d'Afrique de l'Ouest avait connu un été difficile et un début d'automne marqués par des incidents de sécurité préoccupants.

Le 8 juin dernier, la Côte d'Ivoire avait été le théâtre de l'incident le plus meurtrier pour les Nations Unies en 2012 : une attaque qui a coûté la vie de sept Casque bleus nigériens déployés dans l'ouest du pays, dans une zone où l'Opération des Nations Unies (ONUCI) avait récemment renforcé sa présence en raison de menaces pesant contre les populations civiles.

Dans un contexte politique et sécuritaire qui reste délicat, tant au niveau national que régional, un certain nombre de mesures « structurelles » doivent être selon le Représentant spécial prises dans les mois à venir.

« 2013 sera une année importante pour la Côte d'Ivoire, où la situation est encourageante mais reste fragile »: pour le chef de l'ONUCI, des progrès sont nécessaires simultanément dans les domaines étroitement liés de la réforme du secteur de la sécurité et de la démobilisation, du désarmement et de la réintégration (DDR), mais dans le dialogue politique et la réconciliation, alors que des fractures politiques importantes et des tensions persistent au sein de la société ivoirienne.

Sur ces deux derniers points, M. Koenders s'est félicité d'un certain nombre d'initiatives positives du gouvernement, qui ont contribué récemment à « décrisper » le climat politique, notamment la libération provisoire de détenus politiques fin décembre 2012, la tenue de plusieurs réunions du Cadre Permanent du Dialogue (CPD), dont une aujourd'hui même, de même qu'une rencontre prévue demain entre le Premier Ministre Kablan-Duncan et le Front Populaire Ivoirien (FPI).

« Je me permets de rappeler ici les dispositions de la résolution 2062 du Conseil de sécurité en date de juillet dernier, qui demande au gouvernement de continuer à 'intensifier le dialogue politique avec l'opposition, y compris avec les partis politiques non représentés à l'Assemblée nationale […] et de continuer de prendre rapidement des mesures concrètes à cette fin et de ménager un espace politique à l'opposition'.

Dans le même temps, a ajouté le Représentant spécial, la résolution demande très clairement aux « partis d'opposition de jouer un rôle constructif et […] [de concourir] à la réconciliation ».

La même résolution demande à ce que ces élections « favorisent la représentativité politique et la réconciliation, en choisissant une date opportune, en assurant la sécurité et en procédant aux réformes électorales utiles ».

Prévu pour fin février, le scrutin a été reporté de quelques semaines à l'initiative du Président, afin de garantir la participation de tous les partis politiques significatifs, a précisé le chef de l'ONUCI, qui ne fournira cette fois-ci qu'une assistance limitée dans ce cadre.

M. Koenders s'est ensuite félicité qu'ait été arrêtée une stratégie pour la réforme globale du secteur de la sécurité (RSS), qui définit les priorités immédiates et à long terme pour mettre en place « une force armée disciplinée, républicaine et responsable, avec une efficacité accrue de la gendarmerie et de la police, et une protection renforcée des civils dans tout le pays ». Il a également salué la création d'une autorité unique pour la DDR (ADDR), soulignant que l'ONUCI mettrait à la disposition du gouvernement son expertise dans ces deux domaines.

« Je note l'importance d'établir immédiatement des initiatives visant à renforcer la confiance au sein et entre la police, la gendarmerie, et les forces armées. Cette démarche est indispensable non seulement pour la sécurité mais aussi pour les autres priorités nationales, notamment la réconciliation et le dialogue politique », a plaidé le Représentant spécial.

Notant que l'autorité était progressivement rétablie sur l'ensemble du territoire, M. Koenders a cependant prévenu que des attaques continuaient d'être perpétrées dans l'intention affichée de déstabiliser le gouvernement du Président Ouattara, en particulier aux frontières avec le Ghana et le Libéria.

Pour remédier à cette situation, susceptible d'affecter la sous-région, les autorités ivoiriennes ont réagi rapidement, en menant des opérations conjointes avec le Libéria, tandis que l'ONUCI a renforcé sa présence militaire aux frontières.

« 2013 sera une année déterminante pour la Côte d'Ivoire et l'ONUCI, qui aura besoin d'un soutien vigoureux et durable du Conseil de sécurité. Dans un contexte régional particulièrement précaire, la stabilité et le succès économique de ce pays est plus que jamais importante pour la stabilité de l'Afrique de l'Ouest », a conclu le Représentant spécial.


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