Syrie: des responsables de l'ONU consternés par l'attentat meurtrier qui a frappé l'Université d'Alep

La ville d'Alep en Syrie. Photo: UNESCO/Ron Van Oers

16 janvier 2013 – Des responsables onusiens, dont le Secrétaire général Ban Ki-moon, ont exprimé mercredi leur consternation devant l'attentat « épouvantable » qui a fait au moins 80 victimes hier à l'Université d'Alep.

« Viser délibérément des civils et des cibles civiles constitue un crime de guerre. De tels actes de haine sont inacceptables et doivent cesser immédiatement. Toutes les parties belligérantes en Syrie doivent honorer leurs obligations en vertu du droit humanitaire international », indique la déclaration transmise par le porte-parole de M. Ban.

Estimant qu'il faudrait mener rapidement une enquête approfondie sur cette dernière atrocité, le Secrétaire général appelle tous les Syriens à s'engager dans « une réflexion sur la dégradation d'un conflit qui déchire leur nation » et souligne la nécessité urgente d'une solution politique pacifique qui mette fin à la violence et réponde aux aspirations démocratiques du people syrien.

De son côté, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, s'est déclarée « profondément choquée » par les deux attaques perpétrées contre l'Université d'Alep, « la plus ancienne institution syrienne de science et de technologie ».

« Il est vraiment révoltant et bouleversant de voir autant de jeunes victimes d'une violence injustifiable alors qu'ils tentaient simplement de poursuivre leurs études malgré les conflits », a déclaré la Directrice générale. « C'est une journée noire pour tout le pays. »

Comme le Secrétaire général, Mme Bokova a présenté ses plus sincères condoléances aux familles et amis des étudiants et des autres victimes qui ont péri mardi, appelant « tous ceux qui sont impliqués dans les combats à respecter le droit à l'éducation. »

Parallèlement, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) appelle toutes les parties au conflit en Syrie à s'abstenir de prendre position ou de mener des opérations militaires dans des zones peuplées par des civils.

Dans une déclaration, l'UNRWA appelle les parties à « veiller à la protection des réfugiés palestiniens, des autres civils et de leurs biens, et à respecter les obligations qui sont les leurs en vertu du droit international. »

La déclaration appelle enfin au respect du « caractère sacré de la vie humaine », soulignant « le devoir de s'abstenir de provoquer des déplacements arbitraires de civils »

L'agence se dit tout particulièrement préoccupée par l'impact du conflit sur les réfugiés palestiniens dans toutes les régions du pays où ils sont établis, notamment la capitale Damas et son gouvernorat, ainsi que les villes de Deraa, Alep, Latakieh, Hama et Homs. Des informations font état de graves incidents, y compris dans les zones contrôlées par les éléments de l'opposition armée.

À la mi-décembre 2012, le conflit a été marqué par des affrontements nourris à Yarmouk, une banlieue sud de Damas, où vivent 150.000 réfugiés palestiniens. Les éléments de l'opposition ont ensuite pris position dans cette zone résidentielle, déclenchant une réponse vigoureuse de l'armée syrienne.

« Cette situation a aggravé les souffrances des résidents palestiniens et syriens de Yarmouk, déjà traumatisés par la poursuite du conflit dans leurs quartiers depuis juillet 2012 », fait observer l'UNRWA dans son communiqué. « Et depuis mi-décembre, cette situation s'est reproduite à intervalles réguliers dans d'autres secteurs du grand Damas. »

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