L'ONU appelle l'Inde à prendre des mesures d'urgence suite au décès de l'étudiante victime d'un viol collectif

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

31 décembre 2012 – Le Secrétaire général de l'ONU a exprimé samedi sa profonde tristesse à l'annonce de la mort de l'étudiante de 23 ans, victime, le 16 décembre, à New Dehli, d'un viol collectif commis par six hommes dans un bus qui traversait la ville. Il a condamné « sans équivoque » ce « crime brutal » et appelé l'Inde à prendre les mesures qui s'imposent.

« La violence à l'encontre des femmes ne doit jamais être acceptée, excusée ou tolérée. Chaque fille, chaque femme a le droit d'être respectée, estimée et protégée », souligne la déclaration transmise par le porte-parole de M. Ban.

D'après les médias, l'étudiante, accompagnée de son ami, revenait du cinéma lorsqu'on les a convaincus de monter dans un bus. Six hommes l'ont tour à tour violée, agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée et battue. Les deux victimes ont ensuite été jetées hors du véhicule. Grièvement blessée, la jeune femme, issue d'un milieu défavorisé, est décédée samedi soir à Singapour.

Le Secrétaire général, poursuit le communiqué, accueille avec satisfaction les efforts du gouvernement de l'Inde pour prendre des mesures d'urgence et réclame d'autres mesures ainsi que des réformes pour prévenir de tels crimes et faire traduire leurs auteurs en justice.

Il encourage également les autorités à renforcer les services essentiels pour les victimes de viol. « ONU-Femme et les autres entités des Nations Unies sont prêtes à appuyer de tels efforts de réforme par une expertise technique et toute autre forme d'appui qui sera jugée nécessaire », précise le porte-parole.

De son côté, la Haute Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a souhaité lundi que ce « terrible incident » marque un « tournant » dans la lutte contre les violences à l'égard des femmes en Inde.

« Espérons que 2013 sera l'année où les choses changeront s'agissant des violences contre les femmes en Inde […]. Le public exige une transformation des systèmes qui perpétuent les discriminations à l'encontre des femmes et l'émergence d'une culture qui respecte la dignité de celles-ci dans la loi et dans les pratiques », a-t-elle plaidé, rappelant que cet incident n'était que le dernier en date d'une longue série.

« En octobre dernier, une jeune fille dalit de 16 ans s'est suicidée par immolation après avoir été la victime d'un viol collectif dans l'Haryana, un état où un niveau alarmant de violences sexuelles a été signalé », a rappelé Mme Pillay. « Il s'agit d'un problème national qui touche des femmes de toutes classes et castes et qui appelle des solutions nationales. »

Notant l'« escalade des protestations et des appels à la peine de mort contre les accusés », la Haute Commissaire a appelé à un débat public de toute urgence pour réfléchir aux mesures adaptées pour prévenir de tels crimes.

« Quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine capitale n'est pas la réponse », a estimé Navi Pillay. « Ce dont nous avons besoin, c'est d'une nouvelle prise de conscience de l'opinion publique et d'une meilleure application des lois dans l'intérêt de toutes les femmes. L'Inde a prouvé par le passé au travers de ses mouvements de réformes sociales qu'elle a les moyens de se débarrasser d'un fléau comme le viol. »

Elle s'est félicitée à cet égard de l'annonce faite par le gouvernement d'établir une commission d'enquête sur la sûreté publique des femmes à Dehli, ainsi qu'un panel judiciaire chargé de revoir la législation indienne en vigueur sur les violences à l'encontre des femmes.


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