En dépit des progrès accomplis, d'importants défis de consolidation de la paix restent à relever – Ban

Le Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité. Photo: ONU/Ryan Brown.

20 décembre 2012 – S'il s'est félicité des progrès accomplis jusqu'à présent, le Secrétaire général a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité que les défis demeurent dans le domaine de la consolidation de la paix, comme en témoigne le retour de conflits dans un certain nombre de pays.

« En dépit des progrès accomplis en matière de consolidation de la paix, il reste d'importants défis à relever », a déclaré Ban Ki-moon. « De nombreux pays continuent de faire l'expérience de l'instabilité des années après la fin des conflits armés, avec de véritables explosions de violence. 90% des conflits survenus entre 2000 et 2009 ont éclaté dans des pays qui avaient connu auparavant des épisodes de guerre civile », a-t-il relevé.

Les raisons d'un tel retour en arrière varient d'une situation à l'aitre, mais M. Ban a estimé que le dénominateur commun était le manque de confiance – notamment entre l'État et la société.

La clef de voûte de l'architecture internationale est la Commission de consolidation de la paix, établie en 2006 pour aider les pays sortant d'un conflit en leur faisant des recommandations ciblées et en encourageant ses partenaires à mieux aligner leurs politiques sur les stratégies et priorités nationales. Les six pays actuellement inscrits à son ordre du jour sont le Burundi, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libéria et la République centrafricaine.

Car, comme l'a réaffirmé le Conseil dans une déclaration présidentielle lue par son Président pour le mois de décembre, Mohammed Loulichki, « l'appropriation et la responsabilité nationales sont cruciales pour l'instauration d'une paix durable » et « c'est aux autorités nationales qu'il incombe au premier chef d'arrêter leurs propres priorités et stratégies de consolidation de la paix au lendemain de tout conflit ».

Dans son rapport en date de 2009, le Secrétaire général rappelle que les deux premières années post-conflit comme sont une occasion à saisir pour redoubler d'efforts en vue d'une paix durable. Dans ce cadre, il avait proposé un plan d'action pour améliorer la réponse du système des Nations unies au cours de cette période.

« Les Nations Unies ont fait des progrès importants dans l'avancement de ce plan d'action », s'est-il félicité, en indiquant que les missions des Nations Unies et les équipes de pays avaient renforcé leur coopération. « Le système des Nations Unies est devenu plus souple dans le déploiement d'experts, de haut responsables et de personnel sur le terrain », s'est encore réjoui le Secrétaire général, en citant aussi le renforcement des partenariats, notamment avec la Banque mondiale et les organisations régionales.

Grâce à ces efforts, a poursuivi Ban Ki-moon, la réponse onusienne aux défis immédiats se posant après la fin d'un conflit a été plus « cohérente, rapide et efficace », même si les résultats étaient plus mitigés en ce qui concerne la participation accrue des femmes aux efforts de consolidation de la paix.

Pour le Secrétaire général, trois facteurs clefs permettraient de faire pièce à un tel retour : l'inclusivité, la consolidation des institutions et un appui international robuste.

M. Ban Ki-moon a commencé par indiquer que des approches inclusives pour la consolidation de la paix avaient pour objectif de convaincre toutes les parties qu'elles ont intérêt à régler leurs différends au moyen du dialogue. « Axées sur le respect de l'état de droit, de telles approches permettent également de diminuer le niveau de corruption et d'améliorer la transparence », a-t-il fait remarquer, en faisant référence à l'appui fourni par les Nations Unies à la transition au Yémen.

Le Secrétaire général a ensuite affirmé que la communauté internationale devrait équilibrer son soutien à long terme aux institutions tout en s'assurant que les populations touchent rapidement les dividendes du retour de la stabilité. « Il y a un besoin vital de se concentrer précocement sur la restauration des capacités administratives essentielles et la fourniture de services sociaux », a –t-il précisé.

Soulignant enfin l'importance cruciale du renforcement de l'état de droit, comme l'a reconnu également l'Assemblée générale, en adoptant le 24 septembre dernier, la Déclaration de haut niveau à ce sujet, M. Ban a rappelé que la Conférence Rio+20 avait reconnu en juin que l'état de droit et la bonne gouvernance étaient déterminants pour parvenir à réaliser un développement durable. « L'agenda pour le développement au-delà de 2015 pourrait être l'occasion de pousser cette reconnaissance encore plus loin », a suggéré le Secrétaire général.

Prévenant que les tâches de consolidation de la paix pouvaient « s'étendre sur une génération », M. Ban a souligné qu'elles exigeaient un ferme soutien international politique et financier. Un tel soutien, a-t-il insisté, appelle des responsabilités réciproques à long terme et un partenariat plus équilibré entre donateurs et gouvernements récipiendaires, a-t-il précisé.

« Les pactes de transition peuvent fournir la base d'une confiance renouvelée et des partenariats approfondis entre les pays émergeant d'une situation de conflit et la communauté internationale », a-t-il assuré, en encourageant les États Membres à appuyer leur utilisation. Le Secrétaire général a indiqué, avant de conclure, que de tels pactes avaient tendance à encourager les partenaires de développement à prendre des risques. Le Fonds pour la consolidation de la paix pourrait contribuer à réduire de tels risques, a-t-il ajouté.


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