L'ONU souligne l'urgence de remettre sur les rails le processus de paix israélo-palestinien

De jeunes garçons jouent dans les décombres du Stade de Palestine, à Gaza, après des frappes aériennes israéliennes. Photo: ONU/Shareef Sarhan

19 décembre 2012 – Des responsables des Nations Unies ont souligné mercredi l'urgence de remettre le processus de paix au Moyen-Orient sur les rails, estimant qu'une reprise des pourparlers était plus que jamais nécessaire alors que l'élan en faveur d'une solution au conflit israélo-palestinien semble être retombé.

« Le processus de paix au Moyen-Orient est dans une profonde hibernation », a résumé le Secrétaire général Ban Ki-moon lors de sa conférence de presse de fin d'année au Siège des Nations Unies à New York, ajoutant que les deux parties étaient plus divisées que jamais.

Des négociations directes entre les deux parties doivent encore reprendre depuis la suspension des pourparlers en septembre 2010, après qu'Israël a refusé de prolonger la période de gel de ses activités de peuplement dans les territoires palestiniens occupés.

En outre, le mois dernier a été marqué par un nouveau cycle de violences à Gaza et en Israël, ainsi que l'octroi, par l'Assemblée générale, du statut d'État non membre observateur à la Palestine.

« Alors que les bombes et les roquettes ont arrêté de s'abattre sur Gaza et Israël, il est plus que jamais clair que la paix doit être plus que l'absence de guerre », a plaidé M. Ban.

Suite à la décision de l'Assemblée de rehausser le statut de la Palestine, le gouvernement israélien a annoncé la construction de 3.000 logements supplémentaires en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et en particulier dans la zone dite E1 située entre Jérusalem-Est et la colonie de peuplement de Maale Adumim, où tout projet de construction avait été suspendu depuis 2009.

Le Secrétaire général a exprimé sa profonde préoccupation devant l'expansion de ces colonies de peuplement, qui remettent en cause la viabilité même d'un futur état palestinien.

« J'appelle Israël à s'abstenir de continuer sur cette voie dangereuse, qui ne pourra que compromettre les perspectives de reprise du dialogue et d'avenir pacifique entre Israéliens et Palestiniens. « Remettons le processus de paix sur les rails avant qu'il ne soit trop tard », a-t-il lancé.

Au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a lui aussi dressé un sombre tableau de la situation récente au Moyen-Orient, qui montre « que l'élan pour une solution de deux États est largement retombé et qu'il sera difficile d'inverser cette tendance ».

Outre le feu vert donné à la construction de 3.000 unités de logement en Cisjordanie, le gouvernement israélien a décidé d'accélérer la construction à Jérusalem-Est de près de 6. 500 unités déjà approuvés, y compris à Givat Hamatos, a déploré M. Feltman, qui lui aussi s'est alarmé de la planification de plusieurs milliers d'unités supplémentaires dans la zone E1.

« Si tous ces projets devaient être mis en œuvre, ce serait un coup presque fatal porté à la solution de deux États », a mis en garde le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, qui a souligné, à l'instar de plusieurs organisations non gouvernementales, que le nombre d'appels d'offre pour la construction de nouvelles unités dans les colonies de peuplement israéliennes avait triplé en 2012 par rapport à 2011.

M. Feltman a en outre déploré que le Gouvernement israélien refuse de transférer aux Palestiniens certains fonds qui leur sont destinés, portant ainsi atteinte à l'intégrité de l'Autorité palestinienne, alors que celle-ci est déjà confrontée à une situation budgétaire difficile.

Dans ce contexte, a-t-il dit, « il est clair qu'un nouvel élan devrait être donné pour relancer, début 2013, des efforts de paix véritablement robustes », a-t-il souligné, en réaffirmant le rôle important que devront jouer, à cette fin, les Nations Unies, le Quatuor pour le Moyen-Orient et la Ligue des États arabes.

Si « le calme est revenu à Gaza, il reste fragile », a poursuivi M. Feltman, qui a expliqué que la violence du mois dernier n'avait fait qu'aggraver la situation des habitants les plus pauvres de Gaza.

Estimant que l'octroi du statut d'État nom membre observateur à la Palestine reflétait l'impatience grandissante de la communauté internationale vis-à-vis du statu quo, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a souligné que dans leur immense majorité, « Palestiniens et Israéliens n'entretiennent pas des rêves inaccessibles ». C'est pourquoi, il a estimé que l'année 2013 sera décisive pour le processus de paix.


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