L'ONU constamment mise à l'épreuve en 2012, déclare Ban lors de sa conférence de presse de fin d'année

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors de sa conférence de presse de fin d’année. Photo: ONU/Mark Garten

19 décembre 2012 – Revenant sur ce qu'il considère comme une période « tumultueuse », le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a ouvert sa conférence de presse de fin d'année en affirmant que l'Organisation n'avait cessé d'être mise à l'épreuve en 2012 dans le cadre des efforts qu'elle a déployés pour mettre fin aux conflits et consolider la paix dans le monde.

« Une fois de plus, des troubles ont mis à rude épreuve notre obligation fondamentale de mettre fin aux conflits et d'instaurer la paix », a constaté Ban Ki-moon devant les journalistes réunis au Siège de l'ONU à New York.

Il a, tour à tour, exhorté la communauté internationale à contribuer à une transition démocratique en Syrie; à « remettre sur les rails » le processus de paix israélo-palestinien « avant qu'il ne soit trop tard »; à aider les Maliens à rétablir la démocratie et à reprendre le nord du pays; et à réexaminer l'approche actuelle en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.

« En 2012, nous avons saisi certaines occasions, mais raté bien d'autres », a estimé le Secrétaire général. « La Syrie a commencé l'année par un conflit et l'achève par une guerre », a-t-il déploré, en relevant que le nombre de victimes n'avait cessé de croître et que l'impact de la situation avait fini par se faire ressentir dans toute la région. Selon les dernières estimations, les combats auraient fait au moins 20.000 morts en 22 mois de conflit.

M. Ban s'est félicité de ce que l'opposition syrienne se soit unie et dit envisager la convocation, en début d'année prochaine, d'une conférence internationale des donateurs à l'appui de l'aide humanitaire. Aujourd'hui, l'ONU a officiellement lancé un appel de fonds d'un montant de 1,5 milliard de dollars pour couvrir les besoins de la population syrienne pendant le premier semestre 2013, en particulier pour les réfugiés se trouvant dans les pays voisins.

Toujours au Moyen-Orient, le Secrétaire général a dit qu'il était encore plus évident que jamais que la paix devait être « plus que l'absence de guerre ». Alors que le processus de paix est entré dans une « profonde hibernation », il s'est dit préoccupé par la reprise intensive des activités de peuplement, qui constitue une grave menace à la viabilité d'un futur État palestinien.

Le chef de l'ONU s'est attardé sur le cas de la région du Sahel, où environ 20 millions de personnes, dans neuf pays, sont confrontées à la sécheresse, à la mauvaise gouvernance, au trafic de la drogue, au terrorisme et à l'extrémisme. Au Mali en particulier, il a déclaré que les négociations devaient être menées sérieusement alors que l'option militaire est à l'étude. Selon lui, la nomination du nouveau Premier Ministre, Django Cissoko, est une « occasion susceptible de réactiver le processus politique » et de stopper « l'immixtion continue du militaire dans la vie politique ».

Quant au « théâtre d'instabilité » dans l'est de la RDC, où des violences sexuelles sont commises par les combattants de tout bord, le Secrétaire général a demandé que l'on s'attaque aux causes sous-jacentes d'un conflit qui est facteur d'instabilité régionale.

Ban Ki-moon s'est dit prêt à se rendre en République populaire démocratique de Corée (RPDC), « au moment opportun et lorsque les conditions s'y prêteront ». Il a dit attendre une décision du Conseil sur la réponse à apporter au « lancement provocateur » d'un missile. À l'issue du scrutin sud-coréen, qu'il a salué pour sa « maturité », le Secrétaire général avait félicité ce matin même Park Geun-hye de son élection en tant que prochaine Présidente de la République de Corée.

Parallèlement à ces crises, à la résolution desquelles œuvrent les Nations Unies, le Secrétaire général a jugé que l'Organisation avait contribué à jeter les bases pour relever le défi majeur du XXIème siècle, à savoir le développement durable, grâce à la tenue de la Conférence Rio+20, qui s'est tenue en juin 2012.

Il s'est également félicité de l'adoption, en septembre dernier, d'une Déclaration sur l'état de droit par l'Assemblée générale et des résultats de la Conférence de Doha sur les changements climatiques de Doha, au Qatar, qui a mis l'accent sur la nécessité de préparer, d'ici à 2015, un accord juridiquement contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

M. Ban a enfin annoncé qu'il comptait réunir en 2014 les dirigeants du monde pour des négociations « très difficiles », alors que se déroulent déjà les débats sur l'agenda du développement post-2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

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