Pour Ban, les droits de l'homme doivent être au fondement d'une gouvernance des migrations

Des migrants du Zimbabwe dans un refuge temporaire en Afrique du Sud.

18 décembre 2012 – À l'occasion de la Journée internationale des migrants, observée chaque année le 18 décembre, le Secrétaire général Ban Ki-moon a encouragé mardi les États Membres à faire des droits de l'homme une question fondamentale de la gouvernance de la migration.

« Au niveau national, je les encourage à prendre des mesures visant notamment à décriminaliser la migration irrégulière, à mettre en place des mécanismes efficaces de rechange à la détention des immigrants et à faire en sorte que les fonctions des prestataires de services publics comme les infirmiers et les enseignants soient rigoureusement séparées de celles des autorités d'immigration. »

Pour M. Ban, cette demande prend une dimension particulière alors que l'Assemblée générale tiendra en 2013 son Deuxième Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement, au cours duquel les participants, a-t-il espéré, « examineront comme il se doit la question des migrations dans le contexte du programme de développement pour l'après-2015 ». Il leur recommande d'ores et déjà de prendre des mesures en vue de faciliter la mobilité de la main-d'œuvre, de favoriser le développement durable et de protéger les droits des migrants, en particulier des femmes et des filles.

Selon le Département des affaires économiques et sociales (DESA), les migrants, dont bon nombre fuient des conditions difficiles, sont actuellement 214 millions dans le monde. Grâce à la révolution des communications et des transports, ces hommes et femmes constituent un lien humain dynamique entre cultures, économies et sociétés. Il suffit en effet de quelques secondes pour que l'argent des migrants soit transféré dans des coins reculés du monde en développement où les fonds rapatriés permettent d'acheter vivres et vêtements, de se loger, de payer les frais de scolarité et les soins de santé et parfois d'alléger la dette.

En cette période de crise économique et financière mondiale, poursuit le Secrétaire général dans son message officiel, soyons attentifs aux droits des migrants. Avec les restrictions budgétaires, on observe l'adoption de mesures d'austérité discriminatoires à l'égard des travailleurs migrants, des propos xénophobes qui encouragent la violence à l'encontre des migrants clandestins et des projets de loi sur l'immigration permettant le profilage des migrants par la police en toute impunité, dénonce le chef de l'ONU, qui rappelle que des secteurs entiers de l'économie sont tributaires des travailleurs migrants et que les entrepreneurs migrants contribuent à créer des emplois.

De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) s'appuie sur l'évacuation, en 2011, dans des conditions souvent difficiles, de plus de 200.000 travailleurs migrants de la Libye pour rappeler que les conflits et les catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme peuvent avoir un impact sur des migrants déjà vulnérables.

« Il faut que la communauté internationale, et surtout les pays d'origine et d'accueil reconnaissent les conséquences des crises pour les migrants et leur famille restée au pays et qu'ils interviennent pour en atténuer les conséquences à courte et moyenne échéance », souligne l'OIM dans un communiqué de presse.

Pour le Directeur général de cette Organisation, William Lacy Swing, « les crises peuvent déboucher sur des flux de population temporaires et durables, complexes et souvent imprévisibles, qui soulèvent toutes sortes de difficultés auxquelles la communauté internationale doit faire face de manière globale, en veillant notamment à protéger les migrants vulnérables contre les violences et l'exploitation concomitantes d'une crise dans leur pays d'accueil puis dans les pays de transit, et à assurer leur réintégration sûre et durable une fois de retour au pays ».

Approuvé le 27 novembre dernier, le Cadre opérationnel de l'OIM en cas de crise migratoire entend structurer la capacité de l'Organisation à répondre aux crises migratoires et à combler certaines des lacunes actuelles au sein des dispositifs humanitaires internationaux.

Ce mécanisme vise également à aider les Etats à s'acquitter de leurs responsabilités en matière d'assistance et de protection des populations mobiles car, en temps de crise, les migrants sont exposés plus que d'autres aux privations, aux atteintes aux droits de l'homme et aux discriminations, précise le communiqué.


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