RDC : situation sécuritaire toujours « tendue et fragile » dans les Kivu, confirme l'ONU

Des membres du groupe rebelle M23 se retirent de Goma a bord d’un camion. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

17 décembre 2012 – Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation dans les provinces des deux Kivu, théâtres depuis des mois de violents affrontements et de déplacement massifs de populations civiles, reste très fragile, a confirmé lundi l'ONU.

Selon le porte-parole du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), Kieran Dwyer, les combattants du Mouvement du 23 mars (M23) se trouveraient toujours à proximité de Goma, la capitale régionale du Nord Kivu.

« Ce weekend, les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) ont renforcé leurs patrouilles et multiplié les vols de reconnaissance pour vérifier l'exactitude de ces informations », a déclaré M. Dwyer au Centre d'actualités de l'ONU.

« Si de nombreuses informations n'ont pu être vérifiées, la MONUSCO a confirmé en revanche la présence d'éléments du M23 dans plusieurs localités au Nord Kivu, notamment à proximité de Rwindi, Kibati et dans la zone de Masisi, près de Moja », a-t-il ajouté.

Le porte-parole a indiqué que ces mouvements de troupes constituaient « une infraction à la résolution 2076 du Conseil de sécurité » et que les Casques bleus allaient poursuivre leurs patrouilles autour de Goma.

Adoptée par le Conseil de sécurité fin novembre, la résolution 2076 exige le retrait immédiat du M23 de Goma, ainsi que le gel de toutes nouvelles avancées. Elle demande également l'ouverture d'une enquête sur le soutien extérieur dont bénéficierait le M23.

Le Mouvement du 23 mars (M23) a été formé en mars dernier par d'anciens soldats des forces régulières congolaises qui se sont mutinés et sont actuellement dirigés par le colonel Sultani Makenga. Le M23 s'était dans un premier temps regroupé autour de Bosco Ntaganda, un général sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de crimes de guerre pour avoir recruté et utilisé des enfants-soldats dans des combats au nord-est de la RDC en 2002-2003.

La dernière attaque en date du M23 conte la ville de Goma, perpétrée le 19 novembre, avait déplacé près de 180.000 civils de plus, dans une région qui en compte déjà beaucoup. De nombreux déplacés sont actuellement hébergés par des familles ou des communautés d'accueil, dans des camps ou encore dans des bâtiments publics.


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