Le Conseil s'inquiète de l'absence de progrès en matière de rétablissement de l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau

Le Conseil de sécurité en séance publique. Photo: ONU/Eskinder Debebe

14 décembre 2012 – Le Conseil de sécurité a exprimé jeudi soir les graves préoccupations que lui inspire l'absence de progrès en matière de rétablissement de l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, un petit état d'Afrique de l'Ouest en proie à l'instabilité depuis plusieurs années.

Le Conseil de sécurité a également exprimé sa préoccupation concernant l'aggravation du trafic de drogues qui aurait affligé le pays depuis le coup d'État du 12 avril. Il prie instamment responsables civils et militaires de soutenir davantage les efforts déployés par la communauté internationale pour lutter contre ce fléau, en s'assurant du bon fonctionnement des organismes d'État chargés du contrôle des frontières et de la lutte contre ce trafic.

Le 12 avril dernier, des membres des forces armées de la Guinée-Bissau avaient pris le pouvoir entre les deux tours de l'élection présidentielle, qui opposait Carlos Gomes Junior au Président sortant Kumba Yala. Un mois plus tard, le Conseil de sécurité imposait des sanctions à l'encontre de cinq officiers de l'armée ayant pris part au coup.

Plus récemment, le 21 octobre dernier, une base de l'Armée de l'air dans la ville de Bissau a été la cible d'attaques, des informations faisant état de meurtres et de violations graves des droits de l'homme, ainsi que de restrictions à la liberté de réunion, d'opinion et d'information au lendemain de ces attaques.

Enfin, des informations indiquent que le personnel de l'ONU aurait fait l'objet de menaces et d'actes d'intimidation. Les membres du Conseil ont donc réaffirmé la nécessité d'assurer la sûreté et la sécurité du personnel, exigeant que le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS) puisse s'acquitter de sa mission, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil.

« Les membres du Conseil de sécurité ont […] constaté que la stabilisation ne pouvait être le fruit que d'un processus de transition consensuel, ouvert à tous, pris en charge par le pays et s'appuyant sur un dialogue véritable et un contrôle civil effectif du pouvoir militaire », a affirmé le Président du Conseil pour le mois de décembre, l'Ambassadeur Mohammed Loulichki, dans une déclaration à la presse.

A cet égard, ils se sont félicités de l'ouverture de la session 2012-2013 de l'Assemblée nationale qui constitue une première étape vers un processus politique ouvert à tous. Ils attendent maintenant de l'Assemblée qu'elle s'accorde sur un calendrier « clair et crédible » pour l'organisation d'élections présidentielle et législatives « libres, régulières et transparentes, en conformité avec la législation nationale et les normes internationales ».

La déclaration se félicite par ailleurs de la décision prise par l'ONU, l'Union africaine, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et l'Union européenne de dépêcher dans le pays, courant décembre, une mission d'évaluation conjointe chargée de faire un bilan de la situation politique et des conditions de sécurité sur place.

Elle aura également pour tâche de faire des recommandations sur la meilleure façon d'aider la Guinée-Bissau dans un certain nombre de domaines clefs et de lui permettre d'assurer la stabilité à long terme. Ces domaines sont la réforme du secteur de la sécurité, la promotion et le respect de l'état de droit, à la création de conditions propices à un contrôle renforcé des forces de sécurité, la lutte contre l'impunité et le trafic de drogues et la promotion du développement socioéconomique, précise la déclaration.


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