Sans une constitution représentative, l'avenir démocratique de l'Égypte est compromis, estime l'UIP

Des manifestants au Caire, Egypte.

12 décembre 2012 – Le combat pour la démocratie en Egypte aura été vain si le pays ne se dote pas d'une Constitution qui garantisse les droits de tous les citoyens, ou d'une Constitution à laquelle chacun puisse souscrire, a déclaré mercredi l'Union interparlementaire (UIP).

« Pour qu'il y ait démocratie et que le leadership soit démocratique, il faut qu'il soit à l'écoute du peuple tout entier et qu'il en représente les aspirations. C'est sur cette base qu'une Constitution doit être établie afin que l'avenir de chaque pays soit pacifique et sûr », a affirmé le Président de l'UIP, Abdelwahad Radi.

Vendredi dernier, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait de nouveau déploré le manque de participation de l'ensemble des parties prenantes à l'élaboration du projet de constitution, qui doit être soumis à référendum le 15 décembre prochain.

« La hâte avec laquelle l'Assemblée constituante a adopté le texte final pour présentation au Président soulève des questions quant à la crédibilité du processus et contribue au chaos au Caire et dans d'autres villes », avait-t-elle rappelé, alors que des milliers de manifestants sont descendus dans la rue au cours des dernières semaines.

M. Radi a déploré la violence et les morts causés par les confrontations entre partisans et opposants de Morsy, ainsi que les décisions récentes de recourir aux forces armées pour le maintien de l'ordre. « Le peuple égyptien a montré maintes et maintes fois que sa foi en l'avenir repose sur ses aspirations démocratiques. Nombre d'Égyptiens ont même sacrifié leur vie à ces aspirations. Leurs sacrifices ne sauraient être vains ».

Citant la Déclaration universelle sur la démocratie adoptée en 1997 par les membres de l'UIP, le Président Radi a réaffirmé que le renforcement de la cohésion sociale ainsi que de la tranquillité nationale était un objectif central de la démocratie. Et que la démocratie était le seul système politique apte à se corriger lui-même.

« L'Égypte est entrée dans une phase critique. Elle peut aujourd'hui affirmer une véritable adhésion aux valeurs démocratiques en répondant aux inquiétudes et préoccupations de tous ses citoyens à travers une Constitution adoptée par consensus. L'UIP l'exhorte donc à saisir cette chance exceptionnelle de bâtir un pays uni et non un pays déchiré par des clivages politiques et religieux et des inégalités entre hommes et femmes ».


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